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TAUX D’ECHEC ELEVE A L’UFR/SEA DE L’UO 1: Vite une thérapie de choc

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L’Unité de formation et de recherche (UFR) en Sciences exactes et appliquées (SEA) de l’Université Ouaga I Pr Joseph Ki-Zerbo, vient de publier les résultats des étudiants en ce qui concerne la session de juin 2018. Sur 2 304 étudiants, l’on enregistre 26 admis. Dans les détails, cela donne 2 278 ajournés soit un taux d’échec de 98,88%  et un taux de réussite de 1, 12%. Ces résultats  donnent simplement le tournis, au regard du taux d’échec. Et tout Burkinabè, quel que soit son domaine d’activité, devrait se sentir concerné. Mais de manière particulière, ce sont les enseignants qui officient à l’UFR/SEA, les étudiants qui y sont inscrits et l’Etat qui sont interpellés. Car, il y a péril en la demeure. L’on peut se permettre d’interpeller d’abord les enseignants. En effet, du point de vue pédagogique, ces résultats doivent être ressentis par les enseignants comme leur   propre échec. Car sans faire injure à personne et sans aucune prétention de leur rappeler leur devoir, les enseignants de cette unité doivent individuellement et collectivement diagnostiquer en profondeur le mal, pour lui apporter la thérapie qu’il faut. Car, de toute évidence, ces résultats s’apparentent à un naufrage collectif. Et sur le plan strictement pédagogique, il y a lieu de faire preuve d’humilité et  se remettre en cause. Du reste, la première question que l’on peut se permettre de leur poser, est la suivante : évaluent-ils ce qu’ils  ont réellement dispensé comme savoir ? Dans  l’hypothèse d’une réponse affirmative à cette question, ces résultats chaotiques traduisent le fait que les objectifs de leurs cours n’ont pas été atteints. Et dans ce cas de figure, il leur incombe de revoir les choses pédagogiquement parlant, de sorte à sauver ce qui peut encore l’être. Ces suggestions peuvent offusquer certains d’entre eux. Ces derniers pourraient par exemple s’indigner qu’un citoyen lambda comme Sidzabda ose leur faire de telles suggestions. Mais qu’ils se rassurent. L’objectif n’est pas  de blesser quiconque. C’est tout simplement une modeste contribution à la recherche  de solutions à ce grand mal, car c’en est un.

 

On peut attribuer ces très mauvais résultats au système LMD

 

L’on peut d’autant plus se permettre cette « intrusion » que les questions touchant au système éducatif, doivent interpeller tout le monde. A cela, il faut ajouter ceci. Notre système éducatif, dans son volet évaluation, brise des têtes qui, souvent, sont « bien faites » pour reprendre l’expression de ce pédagogue célèbre. La preuve, s’il en est encore besoin, c’est que quand nos étudiants se retrouvent dans d’autres universités dans le monde, ils font partie des plus brillants. En tout cas, ils arrivent à tirer leur épingle du jeu. Cette réalité, personne ne peut la contester. En fait, les résultats à l’UFR/SEA ne sont pas sans rappeler ceux de l’Institut des mathématiques et physiques (IMP) des débuts de l’Université de Ouagadougou. Rares étaient, en effet, les étudiants qui pouvaient franchir l’obstacle de la première année. Et pourtant, dans leur écrasante majorité, ils ont fait de brillantes études en Terminale C, sanctionnées par le baccalauréat  de la série C. Et les « rebuts » de l’IMP, si l’on peut les appeler ainsi, se sont révélés brillantissimes lorsque l’opportunité leur a été donnée de tester leurs connaissances dans les concours où les mathématiques et les sciences  physiques étaient les critères de sélection. Cette réalité aussi ne peut être contestée. C’est cette sélection à outrance à nulle autre pareille en Afrique, voire dans le monde, peut-on dire, qui peut être pointée du doigt. Et dire cela ne revient nullement à encourager la culture de la médiocrité. L’on peut, d’autre part, attribuer ces très mauvais résultats au système LMD. N’ayons pas peur d’appeler les choses par leur nom. Cette formule est en train de faire des victimes innocentes, depuis qu’elle a été adoptée. Et bien des gens qui l’ont défendue bec et ongles en son temps, doivent avoir l’honnêteté et le courage de reconnaître aujourd’hui que nos universités publiques ne réunissent pas les conditions pour mettre en œuvre le LMD. Et l’on peut mettre sa main au feu que si eux-mêmes avaient subi ce système, bien des personnes parmi eux, ne seraient pas là où elles sont actuellement. En tout état de cause, le taux de 98, 88% de recalés de l’UFR/SEA, ne doit réjouir personne. A commencer par les enseignants, même si, quelque part, l’on peut dire que les étudiants ne sont pas exempts de tout reproche. Et la situation est préoccupante au point qu’elle appelle une réponse structurelle. Car, au rythme où vont les choses, si rien n’est fait, la désaffection des Burkinabè déjà prononcée vis-à-vis des universités publiques, ira grandissante. En réalité, ceux qui y vont encore sont les enfants des pauvres. Les autres ont fait le choix des universités privées. Dans ces instituts pour enfants de riches, l’on peut être sûr d’une chose : les résultats catastrophiques comme ceux que l’UFR/SEA vient d’enregistrer, ne peuvent jamais être envisagés. Et pourtant, ce sont les mêmes enseignants du  public, qui, pour l’essentiel, interviennent aussi bien au public qu’au privé. La différence est que ce qui est défaillant et est toléré dans le premier en termes d’enseignement et d’évaluation, ne peut jamais l’être dans le second.

 

Pousdem pickou

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