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SOKE, artiste-musicien et plasticien: « Nous devons construire notre identité musicale »

Né d’un père burkinabè et d’une mère togolaise, Soké, à l’état civil Souleymane Konané, a vu le jour à Lomé et c’est à l’âge de 19 ans qu’il revient au bercail.  Originaire de la Boucle du Mouhoun, ce jeune artiste-musicien et plasticien arrête sa carrière sportive (en football), suite à une blessure crânienne.  Auteur de plusieurs singles à succès sur les chaînes de télévisions internationales, ce finaliste de Airtel Trace Music Star en 2015 rencontre son producteur Kodjo de la chaîne DBM lors dudit concours. A travers cette interview qu’il a bien voulu nous accorder, Soké revient sur son parcours, parle de ses projets, donne sa lecture sur l’évolution de la musique burkinabè, lève le voile sur sa situation matrimoniale et aborde d’autres sujets. Lisez plutôt.

 

Evasion : Comment va l’artiste ?

Soké : Je me porte à merveille, je voyage beaucoup dans la sous-région et reviens tranquillement chez moi au Burkina Faso.

Vous êtes beaucoup connu au niveau international et pas assez chez vous au Burkina Faso, est-ce le choix de l’artiste ou du producteur ?

Mon producteur est un Béninois résidant en France. Il n’a pas le temps de suivre ma carrière ici au pays, mais il m’a confié à un manager et c’est peut-être  lui qui a cette vision. On en discute régulièrement et ça va venir.

Vivez-vous de votre musique ?

En Afrique, c’est un peu compliqué de vivre de sa musique. Comme je suis également un artiste-plasticien, les deux disciplines réunies me permettent de joindre les deux bouts.

Comment vous êtes-vous retrouvé dans la musique ?

Ce fut dès le bas âge, ma maman était pessimiste quant à ma carrière de joueur de football, mais m’a donné toute sa bénédiction en ce qui concerne la musique.  Je chantais depuis tout petit et c’est à l’âge de 13 ans que j’ai véritablement découvert ce talent en moi et cette voix qui pouvait m’emmener très loin.

Est-ce le fait d’avoir un producteur comme Kodjo de la chaîne DBM qui fait que vous diffusez beaucoup au niveau international ?

La musique burkinabè a besoin d’être vendue à l’extérieur du pays. La chaîne DBM a donné beaucoup d’opportunités à des artistes burkinabè d’être diffusés à l’international. Je dirai que c’est le travail qui fait le reste.

Quel est votre regard sur l’évolution de la musique burkinabè ?

Elle évolue favorablement. Il faut travailler à ne pas se laisser influencer par des rythmes venus d’ailleurs. Nous devons construire notre identité musicale, c’est très important.

Mais dans quel registre vous définissez-vous ?

Moi, je fais de l’acoustique, de l’afro-zouk et de la musique urbaine sans m’éloigner de mes origines.

Avez-vous rangé le métier d’art plastique ?

Non, pas du tout. On ne peut pas consacrer  toute sa vie à la musique. Quand on prend de l’âge, il faut penser à d’autres alternatives. Il y a des associations européennes et quelques structures qui commandent mes toiles.

Quels sont vos projets ?

C’est de pouvoir participer à plusieurs festivals à travers le monde. Je profite faire un clin d’œil à A’Salfo de Magic System qui promet de me programmer au FEMUA après la sortie de mon album. De gros projets sont en cours et je vous reviendrai au moment opportun.

Quelle est la difficulté particulière que vous rencontrez dans votre carrière musicale ?

La vie n’est pas toujours rose, mais Dieu ne nous laissera pas tomber. Il y a la recherche permanente des scènes au plan local, car je dois réellement m’imposer ici chez moi.

Quel est votre quotidien ?

Dès le réveil, je fais la prière. Ensuite, si j’ai des chantiers en ce qui concerne l’art plastique, j’y vais. Dans le cas contraire, je suis en studio pour des créations et j’honore mes spectacles.

Quelle est votre situation matrimoniale ?

Je remercie Dieu de m’avoir donné ma première fille qui est âgée de 5 ans et est au Ghana.  Je remercie encore Dieu de m’avoir fait rencontrer une femme avec qui je vis, qui me comprend bien et nous attendons un bébé.

Pour terminer, quel est votre message ?

Je demande à mes fans de continuer à me soutenir, car c’est grâce à eux que la musique burkinabè évolue. Merci à Evasion pour la considération.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

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