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RICKSON, ARTISTE-MUSICIEN: « Tant qu’il y aura l’injustice, la corruption et l’oppression, le reggae existera toujours »

Rickson, à l’état civil, Ouédraogo Pengd-Wendé Éric, est né à Ouagadougou et a grandi à Bobo-Dioulasso dans les Hauts-Bassins. Auteur de trois albums qui sont « Yiriba » sorti en 2003, « Conscience » avec le titre à succès « Belle-mère » en 2005, « Peuple opprimé » en 2008 et un single « Homme fort » en 2016, Rickson est un jeune reggaemaker burkinabè qui vit aux USA depuis pratiquement dix ans. Présent à Ouagadougou, nous l’avons rencontré pour en savoir davantage sur l’évolution de sa carrière et son actualité musicale. Dans cet entretien, l’artiste revient sur sa discographie, son constat sur l’état actuel du reggae burkinabè, son prochain album et ses projets. Lisez plutôt !

 

Evasion : Vous êtes actuellement au Burkina, dans quel contexte se situe ce séjour au bercail ?

 

Rickson : Je suis venu voir la famille, les amis et pour être au parfum de l’actualité musicale du pays. J’ai fait toute mon enfance au Burkina Faso, donc quand j’ai la moindre occasion, je n’hésite pas à revenir au pays et essayer de communier avec mes fans.

 

Ne pensez-vous pas avoir brisé le lien avec vos fans pour avoir débarqué aux USA ?

 

Je dirai non, parce qu’au niveau de la musique, l’inspiration est divine. Il est bien vrai que je suis dans un contexte aux USA où je ne peux pas me donner à plein temps à la musique, mais j’ai toujours cette passion en moi et j’essaie souvent de rentrer en studio. Je fais également des scènes bien qu’elles ne soient pas assez médiatisées ici au Burkina. Je suis sur quelques plateaux de festivals aux USA. En 2016, j’ai réalisé un single intitulé « Homme fort » et en 2019, je vais sortir mon prochain album de dix titres que je vais enregistrer à Abidjan. D’ici quelques jours, j’y serai pour les prises de voix.

 

Votre chanson « Belle-mère » a connu un véritable succès en 2005, quels souvenirs gardez-vous de vos années de gloire ?

 

Ce sont de très beaux souvenirs. J’ai organisé « La nuit des belles-mères » et ça a été un succès total, ce fut une très belle soirée devant une foule immense, les belles-mères étaient plus nombreuses que les belles-filles. Cela m’a beaucoup touché car le public reprenait en chœur mes chansons. A partir de là, le marché international s’est ouvert à moi.

 

Selon certaines indiscrétions, la chanson « Belle-mère » est votre propre histoire, est-ce vrai ?

 

(Eclats de rire) … C’est une histoire réelle mais pas la mienne, car à cette époque, j’étais célibataire. C’est l’histoire d’une femme que j’ai essayé de retracer. Elle m’a expliqué son histoire qui était très touchante et en tant qu’artiste, je ne pouvais pas rester indifférent. J’ai essayé de faire un travail de conscientisation et beaucoup de filles ont retrouvé leur foyer. Ça m’a apporté du baume au cœur.

 

Dix ans après, quel est votre regard sur l’évolution du reggae burkinabè ?

 

Nous avons essayé de tracer la voie, il y a des jeunes artistes qui font du reggae et qui se battent tant bien que mal. Tant qu’il y aura l’injustice, la corruption et l’oppression, le reggae existera toujours car c’est une musique qui éclaire la lanterne des citoyens. On ne peut pas cacher le soleil avec la main.

 

Vous, artistes de la diaspora, on ne vous sent pratiquement pas au niveau de la promotion une fois que vous êtes partis, quelle va être la stratégie pour une grande visibilité de votre prochain album ?

 

C’est une remarque pertinente que vous venez de faire et c’est bien dommage. Quand l’artiste est là, on joue beaucoup ses titres dans les médias audio-visuels, une fois parti, on l’oublie. En ce qui concerne mon album qui va sortir en 2019, je vais le confier à une structure qui va en faire le travail promotionnel, même à mon absence. A l’issue de ça, nous allons organiser des tournées.

 

Quelle va être la coloration de ce nouvel album ?

 

C’est un album diversifié avec beaucoup de thèmes que j’aborde. Je touche au social, à la politique,  l’amour,…

 

Quel est votre quotidien aux USA ?

 

Je travaille et je fais la musique quand le temps me le permet. Dans l’ensemble ça va, Dieu merci, j’ai ce que je veux, j’ai eu la nationalité américaine. Je peux aller partout où je veux et je pense que je vais même me lancer dans les affaires.

 

Beaucoup d’acteurs culturels burkinabè vivent aux USA, qu’en dites-vous ?

 

Effectivement, il y a un certain nombre d’acteurs culturels qui y vivent et on essaie d’y organiser quelques évènements et c’est bien pour la culture burkinabè. Je leur demande de la persévérance.

 

Quelle est votre situation matrimoniale ?

 

C’est ma vie privée et je n’aime pas en parler. J’ai des enfants, ce qui est sûr, mon cœur est déjà pris, c’est ce que je peux vous dire.

 

Quel est votre message pour clore cette interview ?

 

Sans les fans, l’artiste n’est rien. Je leur demande de continuer de me faire confiance, car je ne vais pas les décevoir. Merci à vous qui nous suivez depuis des années.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar KERE KERSON

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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