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PLUS LOIN AVEC AHMED CISSE

« Les années d’engagement du président Sankara ont forgé une conscience politique »

 

De mes premières années de musicien professionnel en Afrique, j’ai conservé l’amour du live et la passion des mélanges de styles. Depuis 2005 je me suis installé en France pour faire découvrir ma musique au public européen et pour l’enrichir de nouvelles influences. Rapidement j’ai fait la rencontre de musiciens parisiens et j’ai fondé le groupe « Les gombis », avec Mickaël Avron à la guitare, Fabien Janicic à la basse, Fabrice Carré au saxophone, et Tommy Milardo à la batterie. Nous avons développé un style Afro Groove, un mélange de musique ouest- africaine, de funk et de jazz. Nous nous inspirons de grands artistes comme Fela Kuti, Salif Keïta, Alpha Blondy et James Brown. Notre groupe musical a enregistré un succès immédiat dans les bars et salles de concerts parisiens, partout où le public recherche une prestation scénique festive, chaleureuse, faite d’influences de toutes les musiques noires. Avec de nombreux rendez-vous au compteur, en France, et en Europe, notre groupe est rodé pour la scène. Nous pouvons aujourd’hui assurer un show de plus de 2 heures avec des morceaux originaux où des espaces d’improvisation sont laissés à chaque musicien, dans un esprit jazz-live. Notre groupe a enregistré un EP huit titres intitulés « Teng Taaga » qui signifie en langue mooré « Au -delà de ma terre », sélectionné au Concours « Découvertes RFI » en 2010. Mes textes, principalement en langues mooré et dioula, parlent des différences culturelles ; ils s’adressent à la jeunesse, ils parlent de l’exil, de la vie ici et là-bas, de l’amour. Ils donnent des messages engagés, pour une Afrique fière et forte, réaliste et positive, et un dialogue entre les cultures. Je suis resté profondément marqué par ma rencontre avec Thomas Sankara, leader charismatique de la révolution burkinabè de 1983 et qui fut un ami proche de mon père, Cissé Aboulaye. Les années d’engagement du Président Thomas Sankara en tant que « Pionnier de la Révolution » ont forgé une conscience politique. Il n’a de cesse, depuis, de dénoncer la corruption et l’irresponsabilité de certains dirigeants politiques africains, et de critiquer la « Françafrique ».

Evariste Télesphore NIKIEMA

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