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OZILOU 3Y, artiste-musicien et sergent-chef : « Le Burkinabè est riche de par sa culture »

Sergent-chef des forces armées du Burkina, OZILOU 3Y est né à Kyon dans la province du Sanguié dans le centre-ouest du Burkina d’où il est originaire. C’est en 1997 qu’il intègre les forces armées au sein desquelles il est infirmier. Avec deux albums et un maxi sur le marché discographique, il a sorti successivement « Yiboula » en 2015, « Le flambeau » en 2016 et le maxi « Adado », qui veut dire en langue lyelé «  Ma culture », sorti en septembre 2018. De retour d’une tournée ivoirienne et à la veille de la fête de l’armée, le 1er novembre, l’artiste nous a reçu dans les locaux de son service, sis au camp Guillaume Ouédraogo. Dans cette interview exclusive qu’il a bien voulu nous accorder, il revient sur son quotidien, parle de sa musique, jette un regard sur la situation nationale et lève le voile sur sa situation matrimoniale.

 

Evasion : Comment allez-vous ?

 

Ozilou 3y : Je me porte bien, je suis en pleine forme, il n’y a pas de souci et c’est pour cela qu’on est ensemble aujourd’hui pour cette interview.

 

Ne pensez-vous pas que 3y, ça fait un peu trop comme surcharge sur votre pseudonyme ?

 

Ça ne fait pas un peu trop. Quand je voulais sortir mon premier album, j’ai abrégé le nom que ma grand-mère m’a donné et qui est Yi Ya Yo, qui veut dire que Dieu est au courant de nous. Ça fait beaucoup de syllabes et voilà pourquoi 3y.

 

Après votre second opus, vous étiez hors du Burkina, vos fans ne vous ont-ils pas manqué ?

 

Vraiment, ils mont manqué et c’est vice-versa. En 2017, j’étais en mission et j’ai fait presqu’une année hors du pays. Je recevais beaucoup d’appels et j’ai profité d’un congé de trois semaines pour réaliser un maxi.

 

Arrivez-vous à concilier votre programme professionnel et la gestion de la   vie familiale ?

 

Quand on veut, on peut. Et surtout que les nouvelles technologies permettent de réduire les distances.

 

Comment vous-êtes vous retrouvé dans la musique ?

 

C’est depuis l’adolescence que je fais la musique depuis la Côte d’Ivoire. Ce sont les musiques des films d’animation qui m’ont beaucoup inspiré.

 

Pensez-vous que la musique le binon est aussi bien positionnée comme le warba et autres rythmes ?

 

Nous accompagnons nos devanciers et nous faisons notre possible pour positionner notre musique. Ce n’est pas une question de concurrence. La question est la bienvenue, car je suis en train de réfléchir  pour savoir comment faire une fusion du warba, du binon et du djeka pour sortir une musique qui pourrait être une autre référence de la musique burkinabè comme le zouglou en Côte d’Ivoire.

 

Quels sont vos grands projets ?

 

Le maxi vient de sortir et je viens juste d’arriver de la Côte d’Ivoire il y a une semaine. Je suis très sollicité en terre ivoirienne pour des festivals. Je n’aime pas trop parler de mes projets, mais je vous dis que je serai probablement au Canada et en Tunisie et ce, dans le cadre de ma musique. Il faut que nous arrivions à exporter notre culture et cela me tient beaucoup à cœur. Je n’ai pas encore fait la dédicace du nouveau maxi qui fait ressortir ce que j’appelle le binon Caterpillar.

 

Quel est votre quotidien ?

 

Je suis pratiquement tous les jours au service pour soigner les malades, car j’aime bien aussi ce métier. En dehors de ça, quand j’ai un temps libre, j’écoute la musique et je m’occupe de ma petite famille.

 

Quelle est la difficulté particulière que vous rencontrez ?

 

C’est le côté financier qui pose problème, car je suis le producteur de mes trois œuvres discographiques.

 

Quelle est votre situation matrimoniale ?

 

Je suis marié et père de trois enfants dont deux garçons et une fille.

 

C’est la fête de l’armée en ce 1er novembre, qu’avez-vous à dire sur la situation nationale et à vos frères d’armes ?

 

Je ne peux pas rester indiffèrent face à la situation nationale, mais il y a des voix plus autorisées  que la mienne qui peuvent se prononcer là-dessus. Mais, on est confiant que viendra un jour où  on va relever les couleurs du Burkina.

 

Pour terminer cette interview, qu’avez-vous à dire à nos lecteurs ?

 

Vous vous êtes déplacé pour venir me voir, je ne peux que vous dire merci ainsi qu’à l’équipe de votre rédaction. Merci à la presse dans son ensemble pour le travail de promotion de notre culture. Le Burkinabè doit savoir qu’il est riche de par sa culture et cette richesse, nous devons la partager.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

 

 

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