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OTI, ARTISTE-MUSICIEN, A PROPOS DE LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME : « Notre contribution, c’est de conseiller les gens d’éviter la manipulation »

Piqué par le virus de la danse à bas âge, Olivier Traoré, connu sous le nom d’artiste OTI, sera attiré plus tard par la musique et ce, grâce à l’influence du rap de Smarty, Black positif et  Basic Soul. L’artiste fait du reggae, du tradi-moderne, l’afro pop et joue également l’acoustique.  Avec à son actif 6 singles qui portent entre autres, les titres : « Chérie maman », « Notre nation », « Top Griffé », « Marie », OTI  veut marquer positivement ses fans en 2020 en leur offrant son premier album. Dans l’interview qu’il nous a accordée le 16 janvier dernier à Ouagadougou, cet artiste né d’une mère sénégalaise et d’un père burkinabè, dit pourquoi il chante en wolof, donne son appréciation de la musique burkinabè, de la politique culturel au Burkina, parle de ses projets, lève le voile sur sa situation matrimoniale, et déplore la situation d’insécurité dans laquelle vivent les Burkinabè. Lisez plutôt.

Evasion :   Depuis quand êtes-vous dans la musique ?

 

OTI : Je suis dans la musique depuis 1998. Mais, avant cela, quand Youssou N’Dour est venu au Burkina en 1986-87, j’ai eu la chance de le rencontrer. C’est en ce moment que j’ai commencé à m’essayer à la musique mais, les parents étaient opposés à cette idée. Ils me conseillaient de privilégier plutôt les études.

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à faire la musique ?

 

J’étais beaucoup plus attiré par la danse, mais avec les spectacles auxquels j’assistais, j’ai fini par être piqué par le virus de la musique. Des artistes de renom qui étaient autour de nous, ont allumé cette flamme en moi. En 1997-98, je suis allé à la Maison du peuple où il y avait un concert d’un groupe d’artistes, à savoir Black positif du Sénégal, Smarty et Basic Soul du Burkina. La prestation de ces jeunes artistes m’a beaucoup impressionné. C’est ainsi que j’ai décidé de me lancer dans la musique.

 

A quel artiste identifiez-vous?

 

Je m’identifie à plusieurs artistes comme Smarty et Basic Soul qui m’ont beaucoup impressionné. Black positif m’a aussi impressionné. Je peux même dire que ce sont eux qui m’ont tendu la pêche, qui m’ont donné cette envie de chanter.

 

Quels messages véhiculez-vous à travers vos chansons?

 

Ce sont des messages de paix, d’amour, de sensibilisation sur le comportement citoyen, le vivre-ensemble, etc. Ces messages me semblent importants pour la cohésion sociale.

 

Pourquoi chantez-vous en wolof ?

 

C’est parce que ma mère est Sénégalaise. Donc, c’est légitime, ce n’est pas une question de nationalité mais plutôt de famille.

 

Combien d’album avez-vous à votre actif ?

 

Je n’ai pas encore réalisé d’album mais des singles. J’en ai au total 6.

 

A quand votre premier album ?

 

Je suis en train de travailler pour m’améliorer davantage avant de mettre sur le marché de disques, un album. Mais si tout va bien, mon premier album sera disponible en 2020.

 

Vivez-vous de votre art?

 

J’y travaille mais pour le moment, je ne peux pas dire que je vis de la musique.

 

Mais que faites-vous en dehors de la musique?

 

En dehors de la musique, je suis plus pris par des petits boulots. J’ai déjà travaillé dans des restaurants pour pouvoir payer les frais d’enregistrement, et j’évolue de petits contrats en petits contrats. Juste pour éviter de chômer.

 

Quels sont vos projets ?

 

Les projets qui me tiennent à cœur, c’est de sortir un album, promouvoir la musique africaine en général, et renforcer la collaboration avec mes aînés pour mieux profiter de leurs expériences, de leurs conseils, etc.

 

Quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face?

 

Les difficultés que nous rencontrons sont relatives aux finances, au manque d’accompagnement et de managing professionnel parce que c’est tout cela qui permet à un artiste de décoller.

 

Quelle appréciation faites-vous de la musique burkinabè ?

 

Personnellement, je trouve que la musique burkinabè évolue positivement. Il y a des jeunes et des femmes qui font preuve de talent, qui s’y mettent pour que les citoyens puissent avoir de la musique de qualité. Grâce à leurs efforts, beaucoup d’artistes ont émergé et font la fierté du pays. D’autres sont moins connus parce qu’ils évoluent à l’étranger, mais il n’en demeure pas moins qu’ils suscitent l’admiration. Il y a dix  ans de cela, la musique burkinabè n’était pas aussi appréciée. Si elle l’est aujourd’hui, c’est parce qu’il y a plus d’ouverture, d’opportunités, etc.

 

Comment appréciez-vous la politique culturelle au Burkina?

 

Elle est un peu réservée, elle peut être beaucoup plus ouverte.

Quand les musiciens, les managers, les producteurs, etc., travaillent en symbiose, la musique explose.

 

C’est-à-dire ?

 

Elle doit permettre un plus grand brassage, plus d’harmonie, plus de frottement entre les acteurs. Si on travaille dans le même bateau, il n’est pas bon que la compétition devienne une sorte d’animosité. C’est vrai que ça commence à aller, mais, j’ai l’impression que les gens travaillent plus en groupuscules. Or, c’est quand les musiciens, les managers, les producteurs, etc., se frottent, travaillent en symbiose que la musique explose. Pour me résumer, je dirais que c’est bon mais ce n’est pas arrivé.

 

Quelle est votre situation matrimoniale?

 

Je suis célibataire sans enfant.

 

Le Burkina fait face à des attaques terroristes. En tant qu’artiste, comment vivez-vous cette situation?

 

Je déplore la situation que nous vivons, parce qu’en tant qu’artiste, s’il n’y a pas de paix, on ne peut pas communier avec le public.

 

Que peut être la contribution des artistes à la lutte contre le terrorisme ?

 

Notre contribution, c’est d’abord apaiser les consciences. Nous avons, à cet effet, réalisé une vidéo qui est diffusée actuellement sur YouTube avec comme message clé, la cohésion sociale.  Le lien est le suivant : « OTI oliviertraoré ». Nous l’avons fait pour notre nation. Qu’on se donne la main pour des lendemains meilleurs. Quand il y a des violences, la guerre dans un pays, cela n’arrange personne. La situation est d’autant plus grave qu’on ne sait même pas qui nous attaque. Visiblement, il s’agit des conflits d’intérêts personnels. Malheureusement, beaucoup d’innocents en font les frais. Je pense que si les dirigeants mettent un peu d’eau dans leur vin, si nous discutons ensemble, nous allons trouver une solution. Notre contribution en tant qu’artiste, c’est de conseiller les gens  d’éviter la manipulation, les inviter à faire la paix, à se pardonner et à se réconcilier.

 

Quel message avez-vous à l’endroit de vos fans?

 

C’est de leur dire merci de me soutenir, merci également à vous car, l’artiste ne peut pas évoluer tout seul. Je promets à tous mes fans de continuer à travailler pour leur offrir un produit qui soit à la hauteur de leurs attentes.

 

Propos recueillis par Dabadi ZOUMBARA

 

 

 

 

 

 

 

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