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NON-RESPECT DE MESURES CONTRE LE COVID-19: Bannir l’incivisme ou périr

Les uns après les autres, les pays africains sont en train de s’effondrer, tels des châteaux de cartes, face à l’avancée du COVID-19. Pour limiter les dégâts, les gouvernants ont édicté des mesures. Pas plus tard que le 20 mars dernier, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, s’est adressé à la nation sur la question. Il a notamment pris des mesures barrières, ordonné la fermeture des frontières terrestres et aériennes du pays et décrété le couvre-feu sur toute l’étendue du territoire national de 19h à 5h  du matin. Au titre des mesures barrières, l’on peut s’arrêter sur celle qui consiste à ne pas se serrer les mains. De manière générale, un effort est fait par les populations pour observer cette mesure. Mais l’on peut aussi noter que bien des Burkinabè continuent de se serrer les mains, comme si de rien n’était. Dans cette catégorie de gens, il convient tout de même de relever que certains le font, peut-on dire, par réflexe. En effet, le fait de saluer l’autre en lui serrant la main est si ancré en nous  qu’il est difficile d’envisager le rapport à autrui sans exécuter cet acte. Et  après coup, on se rend compte qu’on vient de violer un interdit. Cette catégorie de contrevenants  a certes failli, mais ils peuvent  avoir droit à des circonstances atténuantes. En revanche, d’autres personnes continuent de se serrer les mains non pas parce qu’elles ont succombé à un acte- réflexe, mais parce qu’elles trouvent leur plaisir en marchant sur toutes les mesures édictées par l’autorité. Ces personnes s’apparentent à des adeptes du nihilisme, du nom de cette doctrine qui refuse toute contrainte sociale et prône la recherche de la liberté absolue. Ces personnes, à la différence des premières, sont dans une logique de défiance  de l’autorité. Elles doivent donc être traitées comme telles. Outre ces personnes qui ne respectent pas la mesure qui interdit qu’on se salue en se serrant la main, l’on peut évoquer le cas de ceux qui n’observent pas le couvre-feu.

 

L’on peut, à la limite, tolérer que certains jouent avec leur vie, mais ce que l’on ne peut jamais admettre, c’est de leur permettre de jouer avec la vie des autres

 

Ils se sont   signalés dans certains quartiers de la ville de Ouagadougou, notamment dans les quartiers périphériques. Certains d’entre eux l’ont appris à leurs dépens, puisqu’ils ont été copieusement rossés par les agents chargés de faire respecter le couvre-feu. Certes, le procureur du Faso, dans un communiqué rendu public, il a mis en garde les forces de l’ordre qui se sont rendu coupables de tortures. Mais cela ne signifie pas  qu’il encourage la défiance de l’autorité puisqu’il souhaite que les éventuels contrevenants soient traduits en justice.  En tout cas, sous le Comité militaire de redressement pour le progrès national (CMRPN), le respect du  couvre-feu était sacré. A l’époque, c’était un couvre-feu politique. Celui qui vient d’être décrété dans notre pays, est davantage sacré en ce sens qu’il tire sa légitimité et sa pertinence de la nécessité absolue de préserver la santé de tous. Et cette raison est suffisante pour user de tous les moyens non létaux pour imposer l’observation du couvre-feu. L’on peut, à la limite, tolérer que certains jouent avec leur vie, mais ce que l’on ne peut jamais admettre, c’est de leur permettre de jouer avec la vie des autres. Et puis, n’oublions pas qu’il peut se trouver parmi ceux qui transgressent le couvre-feu des bandits qui veulent profiter de la situation pour dérober les biens des autres. Les sévices corporels peuvent dissuader ce genre d’individus. En réalité, les Burkinabè doivent se rendre à l’évidence que face à la menace du Covid-19, aucun sacrifice n’est de trop. Et c’est le lieu de faire observer à toutes les personnes qui excellent dans la contradiction et qui ont la critique facile, que l’on ne peut pas, à la fois, avoir le beurre et l’argent du beurre.

Dans le même registre, chacun doit se convaincre que sa liberté ne doit, en aucun cas, porter préjudice à la liberté des autres. Le gouvernement a, en tout cas, l’occasion de restaurer l’autorité de l’Etat tant malmenée dans notre pays depuis notamment l’insurrection d’octobre 2014.  Cela dit, pour vaincre le Covid-19 dans un délai relativement court, il faut des mesures hardies. Et l’une de ces mesures pourrait consister à aller vers le dépistage systématique des populations. On pourrait objecter en mettant en avant l’insuffisance des moyens du pays. C’est vrai, mais il faut reconnaître que cette voie est à explorer si tant est que nous voulions prendre le taureau par les cornes.

 

PK

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