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MILIE MARTA, artiste- musicienne: « Animés par le sexe, certains artistes nous proposent un featuring »

Nouvelle coqueluche de la musique burkinabè, Milie Marta, à l’état civil Martine Somé, est une jeune artiste-musicienne et sage-femme de formation.   Née à Grand-Lahou en république de Côte d’Ivoire où elle a passé sa petite enfance avant de regagner le bercail, elle est originaire du sud-ouest du Burkina, précisément de la localité de Ouessa. Dans cette interview qu’elle a bien voulu nous accorder    sous le regard protecteur de son producteur, Zoma Jérôme, l’artiste revient sur son titre qui fait couler beaucoup d’encre et de salive, lève le voile sur sa situation matrimoniale, parle de ses projets et de sa rencontre avec Himalaya Hors Média Communication ainsi que d’autres sujets.

Lisez plutôt.

 

Evasion : Comment va l’artiste ?

 

Milie Marta : Je vais bien, il n’y a pas de soucis.

 

Pourquoi avoir baptisé votre album « Mon rêve » ?

 

Parce que depuis mon enfance, j’ai toujours voulu chanter, faire entendre ma voix comme un romancier qui se fait entendre à travers ses écrits. Moi, je voulais toujours faire entendre ma voix à travers la musique.

 

Pouvez-vous nous parler de votre album ?

 

C’est une œuvre de six titres dont deux remix qui relate le vécu quotidien sur un registre musical très varié.

 

Quelle est la petite histoire de votre chanson « On marie femme pour quoi » qui fait couler beaucoup d’encre et de salive ?

 

(Eclats de rire…). C’est une inspiration tirée du vécu quotidien de certaines femmes. Souvent, les gens me demandent si c’est une histoire personnelle. Ce dont on s’attend en allant au foyer ne se réalise pas toujours après le mariage. On rêve d’un mari qui sera à nous mais arrivées au foyer, on se rend compte que c’est tout à fait le contraire. On se retrouve avec un mari qui n’est presque pas à la maison, il est tout le temps dehors et c’est à ce moment que la femme se pose la question de savoir pourquoi il l’a épousée.

 

Pourquoi n’avoir pas opté pour la musique chrétienne alors que vous avez été membre de quelques chorales ?

 

Si je dois prendre le chemin de la chanson religieuse, je risque de me perdre parce que je me pose beaucoup de questions sur la religion. Il y a des zones obscures sur la religion que je ne comprends pas et qu’on n’arrive pas également à m’expliquer. Je ne serai pas très inspirée si je prends ce chemin.

 

Vous définissez-vous comme l’avocate des femmes ?

 

On peut le dire, je suis l’avocate des femmes, je les défends mais il ne faudrait pas qu’elles s’étonnent un jour que je fasse une chanson qui les attaque parce que pour éduquer, il faut utiliser la carotte et le bâton.

 

Comment s’est faite la rencontre avec Himalaya Hors Média Communication qui est votre structure productrice coordonnée par Zoma Jérôme ?

 

J’ai connu cette structure grâce à mon oncle, un guitariste qui est actuellement à Diébougou.

 

Quel est votre quotidien ?

 

Il faut noter que je suis sage-femme en formation, je commence bientôt ma troisième année de formation, je suis également coiffeuse. Du matin au soir, je suis entre ma formation, le salon de coiffure et la musique.

 

Et si la musique prend le dessus avec le succès qui se fait déjà sentir, que deviendront les autres activités ?

 

Je ne saurai répondre à cette question pour le moment, puisque jusque-là, j’arrive à jongler avec les trois. L’avenir nous dira ce qu’il en sera.

 

Quelle est la difficulté particulière qu’une jeune femme artiste comme vous rencontre ?

 

La difficulté majeure vient des hommes. Quand une femme est dans ce milieu, ce n’est pas toujours simple. Certains hommes artistes nous approchent pour des featuring mais on se rend compte après que ce n’est pas ce qui les intéresse. En réalité, c’est ce que tout le monde sait : le sexe, le sexe et toujours le sexe. Plus on essaie de gravir les échelons, plus on a l’impression qu’on doit livrer du sexe et c’est un fait que je condamne. Il faut que les gens arrêtent ce comportement. Ce n’est pas parce qu’on a décidé de faire la musique qu’on devient livreuse de sexe. La musique est un métier comme les autres.

 

Avez-vous déjà eu des propositions indécentes en la matière ?

 

Si je vous dis le contraire, vous devez savoir que je mens, il y en a presque tous les jours. C’est à l’artiste de savoir ce qu’elle veut vraiment, sinon, ça ne manque pas.

 

Quels sont vos grands projets ?

 

C’est de faire connaître ma musique, actuellement, c’est la promo qui est en cours. J’espère hisser haut le flambeau culturel de notre pays.

 

Qu’avez-vous à dire à vos fans ?

 

De mes fans, j’attends leurs encouragements et critiques parce que critiquer n’est pas toujours mauvais.

 

Quelle est votre situation matrimoniale ?

 

Je suis célibataire et mère d’un garçon de cinq ans.

 

Quel est votre mot pour clore cette interview ?

 

Je souhaite une franche collaboration entre les artistes et la presse pour le rayonnement de notre culture. Que la paix règne au Burkina. Merci à votre magazine.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

 

 

 

 

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