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« Mes enfants ne parlent pas la langue maternelle »

Je suis un homme burkinabè, ma femme également est burkinabè. Nous sommes tous les deux de la même ethnie, Dieu merci elle et moi parlons très bien notre langue nationale. Nous avons 3 enfants, le 1er a 12 ans, le deuxième 9 ans et la dernière 5 ans. Je ne sais pas ce qui s’est passé, aucun de nos enfants ne parlent notre langue. Ils ne parlent que le français, ils partent à l’école, quand ils reviennent de l’école, ils sont à la maison. Ils ne rentrent pas chez les voisins ni ne vont dans les cours des gens du quartier. Je ne les défends pas d’aller là-bas. Ils préfèrent rester à la maison ou aller chez les tantes et oncles pour retrouver leurs cousins et cousines qui ont à peu près leurs âges. Souvent, ils vont aussi rendre visite à leurs grands parents. J’ai remarqué que tout le monde leur parle en français. Aujourd’hui, j’ai mal au cœur de voir mes propres enfants qui ne parlent pas ma langue. Quand mes enfants se rendent au village  et que les gens leur parlent notre langue, ils sont là, ils regardent sans rien comprendre. Pourtant, ils n’ont pas été élevés ailleurs, c’est à la maison. Je me dis que d’ici quelques années, s’ils partent en Europe ou dans d’autres pays pour poursuivre leurs études, c’est fini. Ils ne parleront plus ma langue. J’aimerai bien corriger cela et je me pose des questions. Comment procéder ? Je trouve que mes enfants ne parlant aucune langue nationale burkinabè. C’est comme s’ils sont des étrangers dans leur propre  pays. Mon cœur saigne. Aidez-moi.

 

Un homme très découragé

 

Je vous comprends parfaitement, mais ce n’est pas la faute à vos enfants. C’est vous et votre femme les responsables de cette faille. Quand vos enfants étaient encore des bébés  vous auriez dû leur parler votre langue maternelle au lieu de leur parler la langue française, comme si vos enfants étaient des petits français. Vos parents, c’est-à-dire les grands parents de vos enfants, devraient également leur parler votre langue, tout comme leurs tantes et oncles. Aujourd’hui, certains couples au Faso pensent que parler la langue maternelle à leurs enfants c’est  se diminuer. D’autres disent même avec fierté que leurs enfants ne parlent pas la langue nationale, comme si c’est honorable. Quand les enfants parlent nos langues, c’est une richesse, ils comprendront beaucoup de choses. Vous-mêmes aujourd’hui, vous voyez que vous et votre femme avez commis l’erreur en ne parlant pas votre langue à vos enfants.  Admettons que vos enfants se retrouvent un jour à l’étranger, hors du pays et qu’ils rencontrent des compatriotes et qu’ils ne parlent aucune langue burkinabè, vous ne trouverez pas que c’est une honte. Les enfants mêmes seront gênés. Qu’à  cela ne tienne, il n’est pas encore tard de leur apprendre la langue. Commencez dès maintenant, vous et votre femme, à parler à vos enfants  dans votre langue à la maison. Dites à leurs tantes et oncles ainsi que leurs grands parents de ne plus leur parler le français. Vous verrez que vous allez vous rattraper. Les vacances également, envoyez-les au village, vous verrez que le déclic viendra. Ne vous découragez pas, il y a également des structures  de langues à Ouagadougou qui apprennent aux gens à parler les langues locales. Prenez des renseignements et vous pouvez si vous le voulez bien les y envoyer. Si vous étiez dans les quartiers populaires ou les enfants se fréquentent dans le quartier, avec les autres enfants, ils allaient parler la langue, mais hélas, aujourd’hui, chacun vit chez soi et on ferme la porte. Vos enfants sont encore petits et ce n’est  pas encore tard d’apprendre votre langue.  Je suis content que vous ayez pris conscience qu’il faille corriger cela maintenant. Il faut corriger cela sinon, un jour les enfants mêmes vont vous en vouloir.  Comme dirait l’autre « vouloir, c’est pouvoir ». Courage et bonne suite. Excellent week-end.

 

NB : Nous vous  rappelons que cette rubrique est la vôtre. Ceux ou celles qui ont, de par leurs expériences propres ou non, des conseils à prodiguer aux âmes en détresse, sont prié (e)s de nous les envoyer. L’anonymat leur est garanti s’ils/elles le souhaitent. Ils/elles peuvent également déposer directement leurs courriers au siège des Editions « Le Pays », sis au quartier 1200 Logements de Ouagadougou ou auprès de nos représentants dans les différentes provinces.

 

evanikiema@yahoo.fr

Tél: (00226) 78 00 23 73

01 BP 4577 Ouagadougou 01

BURKINA FASO

 

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