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LUTTE CONTRE LA DELINQUANCE, LA CORRUPTION, LES MALVERSATIONS…: Enfin le réveil de la Justice ?

by Evasion Magazine

Ces derniers temps, le Burkina Faso vit au rythme des poursuites judiciaires qui défraient la chronique. L’on peut citer, entre autres, le cas de Jean- Claude Bouda, poursuivi « pour faux et usage de faux en écriture privée ».

Outre l’affaire de l’ex-ministre de la Défense qui a, du reste, été déposé à la MACO (Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou), l’on peut citer également l’affaire des 70 millions du maire Armand Béouindé et qui implique le magistrat Narcisse Sawadogo et le démarcheur Alassane Bagagnan. Les deux derniers ont également été déposés. D’autres dossiers qui valent aussi leur pesant d’or, sont également pendants devant la Justice. Il s’agit de l’affaire du Groupement de sécurité et de protection républicaine, de celle de l’Agence de conseil et de maîtrise d’ouvrage (ACOMOD) et de l’affaire Alassane Kaboré, Directeur général adjoint de la Douane. Sur tous ces dossiers, le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Ouagadougou (TGI), Harouna Yoda, a fait le point et a appelé à leur jugement devant un tribunal indépendant et impartial. Le procureur a précisément laissé entendre ceci : «  Je ne ménagerai aucun effort pour élucider, enquêter, à charge et à décharge, pour éviter la délation sur toutes les dénonciations en général et celles par voie de presse en particulier ».

On peut, déjà, saluer le souci du procureur, de faire dans la transparence en rencontrant les Hommes de médias. Grâce à cet exercice, bien des Burkinabè ont éclairé leur lanterne sur des dossiers brûlants de la République et cela est un droit. On peut également saluer la volonté du procureur d’œuvrer de sorte à favoriser la manifestation de la vérité et à éviter la délation.  C’est tout ce que le peuple burkinabè demande à la Justice : qu’elle aille vite et bien. Beaucoup de luttes ont été menées au Burkina pour qu’il en soit ainsi. Et certains Burkinabè en ont payé le prix fort. Le cas le plus emblématique est le combat que Norbert Zongo  a mené dans le cadre de l’affaire David Ouédraogo et l’on sait le sort qui a été le sien en 1998.

 

Sans une bonne administration de la justice, la démocratie sera un leurre au Burkina

 

A travers le procureur, l’on peut rendre hommage au monde de la Justice et l’encourager désormais à s’inscrire dans le  paradigme d’une Justice résolument tournée vers la vérité et l’intérêt général. Mais le plus grand hommage doit être rendu à la presse et à la société civile. En effet, c’est grâce à elles que la plupart de ces dossiers ont été portés à la connaissance du public. En ce qui concerne la presse, on peut en  particulier saluer sa volonté de traquer tous les dossiers pourris de la République et cela jusqu’au bout. En cela, on peut dire  que le journaliste Norbert Zongo a laissé de dignes héritiers en matière de journalisme d’investigation. Et dans ce domaine et grâce à eux, la presse burkinabè peut être citée en exemple en Afrique. Outre les hommes de médias, l’on peut rendre hommage au rôle joué par bien des organisations de la société civile à l’effet de tirer la gouvernance vers le haut. Pour le cas de l’ancien ministre de la Défense et des anciens combattants, c’est le RENLAC (Réseau national anti-corruption) qui a levé le lièvre. Et c’était de l’audace, compte tenu du statut de la personne mise en cause. A ce rythme, on peut espérer la fin de l’impunité ou du moins sa réduction dans des délais acceptables. En tout cas, toutes ces poursuites judiciaires autorisent à se demander si l’on va véritablement vers le renouveau de la Justice. Car, on   pouvait difficilement imaginer ces poursuites sous le règne de Blaise Compaoré. Aujourd’hui, on peut avoir l’impression, quoi qu’on dise, que l’on est en train de tourner la page des « juges acquis ». Les magistrats eux-mêmes ont intérêt à travailler à cela. Car, les Burkinabè, depuis pratiquement l’insurrection populaire, veulent que les choses changent dans tous les domaines et dans le sens de la promotion du juste et du vrai pour parler comme Socrate. De ce point de vue, on peut espérer que la Justice ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Cette interpellation est d’autant plus fondée que plusieurs dossiers aussi emblématiques que ceux dont on parle, sont encore dans les tiroirs. Il reste à les en sortir pour que les Burkinabè en connaissent les tenants et les aboutissants. En tout cas, le peuple burkinabè fonde beaucoup d’espoirs sur  la Justice car, sans une bonne administration de cette institution, la démocratie sera un leurre au Burkina. Pour finir, on peut se permettre de rendre hommage à Laurent Bado, pour avoir eu l’initiative du délit d’apparence. Sa mise en œuvre effective peut porter un grand coup à la corruption et l’enrichissement illicite. Déjà, certains Burkinabè qui font partie de la galaxie des nouveaux riches, ont piqué la diarrhée suite au vote de ladite loi. Si elle est appliquée dans toute sa rigueur, elle peut contribuer à faire du Burkina un pays de vertu.

 

P.K

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