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LUC NOUNDIA KABORE, promoteur culturel: « On n’a pas encore vu une vedette qui soit sortie du lot sur le plan international »

Né à Fada dans l’Est du Burkina et fils d’un administrateur civil, Luc Noundia Kaboré a grandi dans plusieurs localités du Burkina telles que Fada, Zorgho, Ouahigouya, Ouagadougou et Kombissiri. Promoteur du festival Basga de Zorgho d’où il est originaire, sa passion pour la culture remonte depuis le lycée. Dans cette interview qu’il a bien voulu nous accorder au sein de son espace récréatif Ying Yang il y a deux semaines de cela, ce jeune promoteur nous parle à cœur ouvert de sa vision pour la culture et la jeunesse, jette un regard crique sur le positionnement de la musique burkinabè au plan international, lève le voile sur sa situation matrimoniale et nous parle de son quotidien. Lisez plutôt.

 

Evasion : Comment allez-vous ?

 

Luc Noundia Kaboré : Je vais très bien, que ce soit sur le plan social, professionnel, j’ai la santé et ma famille va bien.

 

Vous venez juste d’arriver d’un périple européen, de quoi était-il question exactement ?

 

Vous savez que chaque mois d’août est une période de vacances, j’essaie au mieux de voyager pour changer d’idées, apprendre aussi d’autres cultures et m’enrichir pour des projets. Ça permet de revenir avec des énergies positives. J’ai fait un peu l’Europe en étant dans des pays comme l’Allemagne, l’Espagne, la France et l’Italie.

 

Et quel est le positionnement de la culture burkinabè dans ces pays ?

 

Il faut dire que la culture est vaste. Le Burkina est connu à travers son cinéma, surtout grâce au FESPACO, et de grands cinéastes qu’on a eus dans le temps. Sur d’autres aspects, on a de grands architectes qui sont connus mais du côté de la musique, on a du chemin à faire, car on n’a pas encore vu une vedette qui est sortie du lot sur le plan international. Ça commence à venir tout doucement avec la diaspora qui se bat au quotidien.

 

Etes-vous né d’une famille d’artistes ?

 

Non, je ne suis pas né d’une famille d’artistes mais depuis le lycée, je me suis intéressé à la culture. Pendant mon cursus scolaire, j’ai toujours occupé le poste de responsable culturel, je suis fasciné par tout ce qui touche à la culture.

 

Quel est votre regard sur l’évolution de la musique burkinabè ?

 

Moi, je trouve qu’il y a beaucoup d’amélioration actuellement, je trouve qu’il y a beaucoup de talents, il y a un très bon travail qui est en train de se faire au niveau du management. Maintenant, c’est le moment de structurer le domaine afin d’aller vers l’international pour s’imposer. Je pense qu’on a quand même quelque chose à proposer à l’international. Et c’est ça qui va faire que les choses vont bouger. Il ne faut pas se limiter à la consommation locale.

 

Vous êtes le géniteur de l’espace récréatif et culturel « Ying Yang », qu’est-ce qui vous a amené à créer ce projet ?

 

Le maquis appartient initialement à un ami et moi, depuis 2014, je suis en sous-gérance. C’est une manière pour moi d’accompagner la promotion de la musique burkinabè, de créer un cadre pour que les jeunes puissent se divertir et c’est un business pour moi également. C’est un night-club, j’ai vu ça ailleurs. Ici, il n’en existait pas et depuis que je l’ai lancé, d’autres espaces ont suivi le mouvement.

 

Vous êtes très attaché à votre personnel, qu’est-ce qui justifie cette simplicité ?

 

Je suis un manager, je suis coordonnateur d’un programme dans une ONG internationale, j’ai du personnel que je gère au quotidien. Je ne me vois pas dans un style autocratique qui fait la différence entre le patron et l’employé. Avant tout, nous sommes tous des employés. Je vois mal les patrons qui mettent une grande barrière entre eux et leur personnel.

 

Qu’est-ce qui vous a motivé à créer le festival Basga de Zorgho dont vous êtes le promoteur ?

 

Je suis effectivement le promoteur du festival Basga de Zorgho. J’aime tout ce qui touche à la culture. D’abord, il y a la fête du chef chez nous qu’on appelle le Nabasga. A cette occasion, les fils et filles de la région s’y retrouvent pour accompagner le chef dans sa fête mais au-delà de la fête coutumière, on n’avait pas une activité qui devrait agrémenter la cérémonie. C’est un festival qui permet de découvrir le patrimoine culturel de Zorgho et des vertus de la région, de pouvoir se détendre. C’est ma contribution à la promotion de la culture au plan local et national. J’en ai parlé au chef et il a donné son aval et depuis sept ans, ça tourne.

 

Avez-vous le soutien des autorités locales dans ce sens ?

 

C’est un festival assez particulier qui est venu se greffer à la cérémonie coutumière du chef et les autorités sont toujours à mes côtés pour m’accompagner comme elles le peuvent. C’est l’occasion pour moi de leur dire merci.

 

Quel est votre quotidien ?

 

Je passe toute la journée à l’ONG, j’ai beaucoup de choses à faire là-bas car il y a beaucoup d’enjeux. Le soir, je vais prendre un verre avec mes amis et à 20h, je rentre chez moi.

 

Quelle est votre situation matrimoniale ?

 

Je suis marié et père de deux garçons de 16 et 10 ans.

 

Qu’avez-vous à dire pour clore cette interview ?

 

La jeunesse a besoin d’être soutenue. Il y a des gens qui ont de très belles idées, de la volonté, de l’ambition mais qui n’ont pas les moyens de les réaliser. C’est avec la jeunesse qu’on peut faire bouger les choses et si on soutient les jeunes, on va faire un grand bond. Merci à Evasion pour cette marque de considération.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

 

 

 

 

 

 

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