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« La boisson koutoukou détruit mon grand frère »

Mon grand frère, le premier fils de mon père et de ma mère, a perdu son emploi il y a quelques mois. Désespéré et découragé, il a commencé à boire dans les kiosques du quartier le « koutoukou », une boisson frelatée. On a beau l’en dissuader et lui donner les conseils, il n’écoute pas. Le matin, à 6h, il part réveiller le vendeur du kiosque pour boire son « koutoukou ». Comme il boit cette boisson depuis quelques mois, il ne mange presque plus, ou si vous voulez, il ne mange que de petites quantités de nourriture. Il peut passer une journée entière sans mettre une once de nourriture dans sa bouche. Pourtant, il ne peut pas passer une journée sans boire les boissons frelatées. Il a perdu énormément du poids et ses cheveux sont devenus frisés. C’est comme si on lui avait jeté un sort avec cette fausse boisson. Moi-même, j’ai été chez le vendeur de kiosque pour lui signifier de ne plus vendre cette boisson à mon frère, mais on dirait qu’il n’a pas pris en compte ce que je lui ai dit. Toute notre famille est découragée, surtout ma maman qui passe son temps à soupirer et pleurer en voyant son fils se détruire avec cette boisson frelatée. Comment faire pour amener mon grand frère à ne plus boire cette boisson ? Peut-on convoquer le vendeur du kiosque qui contribue à détruire la vie de mon grand frère en lui vendant cette fausse boisson ? Aidez-moi car  j’ai pitié de mon grand frère et je veux l’aider à abandonner totalement cette boisson.

 

  1. Somé. I. secteur 30 Ouagadougou

 

Je comprends votre peine, cela fait très mal au cœur de voir son grand frère se détruire avec une boisson frelatée. La première chose à faire, c’est de trouver un boulot à votre grand frère, cela va l’occuper toute la journée. Ainsi, il n’aura plus le temps à aller boire cette boisson au kiosque. Remarquez que la plupart de ceux qui vont au kiosque, sont des chômeurs et on se demande souvent où ils trouvent de l’argent pour boire le « koutoukou » tous les jours. C’est devenu leur lieu de causerie, leur Quartier général (QG), ils passent toute la journée là-bas et y trouvent leur compte. C’est dommage, car ces braves hommes se détruisent aux yeux de tous et  nous sommes impuissants et responsables de cette situation. Sans vous effrayer, ceux qui s’a- donnent aux boissons frelatées n’ont pas longue vie. Donc, je suis totalement d’accord que vous trouviez des voies et moyens pour faire sortir votre frère de ce ruisseau. Vous pouvez déjà lui faire changer d’environnement où il ne trouvera pas cette boisson, c’est une manière de le sevrer de cette boisson. Ainsi, s’il met du temps sans la boire, il finira par laisser tomber totalement. Le « koutoukou » est comme de la drogue, une fois que l’on y goûte, on n’arrive plus à s’en passer, on en devient dépendant. C’est triste de voir nos autorités administratives se taire face à ce phénomène qui détruit la jeunesse burkinabè. Vous ne pouvez pas convoquer le vendeur du kiosque, car à ma connaissance, aucune loi n’interdit la vente du « koutoukou » au Burkina Faso. Il faut que votre grand frère prenne conscience de ses errements et décide volontairement de laisser cette boisson qui ne lui apporte rien ; bien au contraire, elle le détruit.  Si vous avez les moyens financiers, trouvez un psychologue pour que votre grand frère retrouve sa lucidité. Faites vite avant qu’il ne soit trop tard. Il souffre d’un mal dont le processus d’action est lent mais ne baissez pas les bras car c’est votre frère et cela vous concerne.  Alors, battez-vous comme un beau diable pour redonner la joie de vivre à votre chère mère, à votre grand frère et à la famille tout entière. Comme dirait quelqu’un, « les anciens clients du « koutoukou » des kiosques sont au cimetière ». J’ose espérer que votre grand frère ne sera pas un ancien client du « koutoukou » et qu’il en sera bientôt délivré. Le « koutoukou » est une boisson néfaste aux êtres humains, c’est un produit dangereux pour la jeunesse.  Cette boisson a plusieurs noms donnés par les jeunes. Je n’ose pas vous dire le nombre de personnes que cette boisson tue par jour. Un dernier conseil, approchez-vous  du ministère de la Jeunesse et celui du Commerce pour voir ce que la loi dit par rapport à la vente de cette boisson et ce que ces ministères peuvent faire pour vous aider à faire sortir votre grand frère de ce bourbier. Courage et tenez bon car la lutte paye toujours. A travers votre lutte, vous allez sauver plusieurs jeunes, des bras valides, les futurs bâtisseurs du Burkina Faso. Excellent week-end à vous.

 

NB : Nous vous  rappelons que cette rubrique est la vôtre. Ceux ou celles qui ont, de par leurs expériences propres ou non, des conseils à prodiguer aux âmes en détresse, sont prié (e)s de nous les envoyer. L’anonymat leur est garanti s’ils/elles le souhaitent. Ils/elles peuvent également déposer directement leurs courriers au siège des Editions « Le Pays », sis au quartier 1200 Logements de Ouagadougou, ou auprès de nos représentants dans les différentes provinces.

 

evanikiema@yahoo.fr

Tél: (00226) 78 00 23 73

01 BP 4577 Ouagadougou 01

BURKINA FASO

 

 

 

 

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