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KEZY, ARTISTE MUSICIEN ET FORMATEUR EN MUSIQUE «: Les Burkinabè ont commencé à être exigeants sur la qualité de la musique »

Sergent-chef de grade des forces armées nationales du Burkina Faso, KEZY, à l’état civil, Zinsonni Kaleb est né à Zabré dans la province du Boulgou. Lead-vocal de l’orchestre des forces armées, il a à son actif trois albums dont « Réflexion » sorti en 2009, « Avec toi », en 2012 et « Fominga » en 2014. Passionné de musique dès le bas-âge, il a dirigé la chorale de Sangou, son village natal pendant une dizaine d’années, ce qui lui a été d’une très grande utilité comme un centre de formation auprès de son père, un vocaliste. A travers cette interview qu’il a bien voulu nous accorder malgré ses occupations, Kezy nous parle de sa carrière, de ses projets, donne ses conseils aux artistes de la jeune génération, aborde sans détour  d’autres sujets et lève le voile sur sa situation matrimoniale. Lisez plutôt.

 

Evasion : comment allez-vous ?

Kezy : je me porte très bien.

 

Pouvez-vous nous parler de la formation dont vous venez de bénéficier ?

 

Vous remarquerez que dans l’armée, on retrouve presque toutes les activités de la vie civile. J’ai fait toute ma formation au niveau de la fanfare et je dois transmettre ce savoir aux membres de la fanfare et de l’orchestre.

 

Avez-vous réellement le temps de vous consacrer à votre carrière musicale dans la mesure où vous êtes un militaire ?

 

Bien sûr que oui. Avant tout, on a eu une formation pour défendre l’intégrité territoriale. Et comme l’armée est comme une grande famille, chacun a reçu une formation dans son domaine. A mon niveau, c’est la musique. Dans un état, c’est quand tout est sécurisé que l’on peut faire la musique. C’est l’occasion pour moi de remercier mes supérieurs hiérarchiques qui me permettent de trouver du temps pour gérer ma carrière artistique.

 

Vivez-vous plus de votre art ou de votre fonction de militaire ?

 

Le militaire n’a pas de salaire, il a un solde juste pour combattre sur le terrain. Le fait de ne pas avoir un staff pour gérer ma carrière, je ne suis pas maître de mon temps. Vivre de cette musique n’est pas l’essentiel pour moi. Le fait d’apporter ma contribution à la promotion musicale de mon pays est le plus important.

 

Et quel bilan faites-vous de votre carrière musicale ?

 

Je trouve que le bilan est très positif. La première satisfaction d’un artiste est de concevoir une œuvre qui touche les gens. J’ai beaucoup de fans à travers le Burkina et j’arrive à faire des spectacles, il n’y a rien de tel. Si vous remarquez, je conçois plus des œuvres patriotiques. J’investis beaucoup plus dans mes productions que j’en récolte.

 

A quand le prochain album ?

 

Je le prépare minutieusement, il sortira très bientôt avec des thèmes d’actualité.

 

En tant que formateur, quel est votre message à l’endroit des jeunes artistes ?

 

Il faut qu’ils sachent qu’un artiste doit bien se former. La musique est avant tout un don et il faut avoir chanté dès le bas-âge pour développer les cordes vocales pour être en mesure de chanter juste sur les tonalités. En musique, il faut avoir des notions de base théorique.

 

Qu’avez-vous à dire à vos fans ?

 

Ce sont eux qui font que je suis aujourd’hui un artiste comblé. Depuis quelques années, les Burkinabè ont commencé à être exigeants sur la qualité de la musique et j’ai été toujours encouragé par mes fans. Je leur dis tout simplement que je suis fier d’eux et que je ne vais pas les décevoir. Je ferai tout pour être à la hauteur de leurs attentes.

 

Quel est votre quotidien ?

 

Généralement, je suis permanemment au service aux heures indiquées. Je suis régulièrement en mission sur le terrain, c’est mon principal devoir. C’est à mes temps libres que je m’occupe de ma vie d’artiste et de ma petite famille.

 

Quels sont vos projets ?

 

C’est d’apporter ma modeste contribution en accompagnant le combat du positionnement de notre musique tant au plan national qu’international.

 

Peut-on savoir votre situation matrimoniale ?

 

Je suis marié et père de trois enfants.

 

Qu’avez-vous à dire pour conclure ?

 

Merci à Evasion qui fait véritablement la promotion de la musique burkinabè depuis plusieurs années. C’est un journal qui est resté constant. Je souhaite la paix et la stabilité au Burkina Faso et je m’incline devant la mémoire de mes frères d’armes tombés pour la défense de la patrie.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

 

 

 

 

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