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KAS BOVEN, ARTISTE RAPPEUR : « Le rap burkinabè a subi beaucoup de mutations »

Né à Bobo-Dioulasso à l’ouest du Burkina Faso d’où il est originaire, Kas Boven, à l’état civil Koita Aboubacar Sidiki, a grandi à Ouagadougou. Cette voix rocailleuse du rap burkinabè est l’un des ténors du mouvement hip hop au Faso. Voilà une vingtaine d’années qu’il sillonne les scènes avec un premier opus sorti en 2000 sous le label Abazon de Smockey et le titre « Il est fâché » le révèle au grand public qui le surnomme Le Lion de la savane. « Inch’Allah », « Vision positive » sont, entre autres, des productions discographiques qu’il a réalisées au long de sa carrière ainsi que des singles à succès.

A travers cette interview qu’il a bien voulu nous accorder, l’artiste nous parle de son retour sur la scène, de son nouvel album sorti le 29 février dernier, jette un regard critique sur le rap burkinabè, revient sur la rumeur concernant sa folie, aborde d’autres sujets et lève le voile sur sa situation matrimoniale. Lisez plutôt!

 

Evasion : comment allez-vous ?

 

Kas Boven : je vais très bien après ces longues années d’absence sur la scène. Malgré tout Kas Boven reste le même.

 

Pourquoi avoir attendu 13 ans avant de revenir avec un nouvel album ?

 

J’étais dans une aventure musicale au Mali, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, en Guinée et en France.

 

Quels souvenirs gardez-vous de cette époque de gloire quand le rap battait son plein ?

 

Ce sont de très bons souvenirs. On n’avait pas besoin d’aller ailleurs pour briller parce qu’en son temps, il y avait des animateurs et journalistes culturels engagés pour l’évolution du hip hop. Il y avait une véritable rivalité entre les groupes de rap et chacun devait se battre pour être au top. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas et c’est bien dommage.

 

Selon certaines rumeurs, vous auriez pété les plombs, est-ce vrai ?

 

Face aux comportements inattendus de certains show-business men, on dira que tu as pété les plombs. Quand un producteur ne respecte pas les clauses du contrat, moi je lui dis d’arrêter. Et arrêter un contrat en pleine exécution, c’est une folie. J’ai passé mon temps à claquer mes doigts dans les rues en répétant mes chansons et les gens ont pensé que j’étais devenu fou. C’est une folie qui n’a pas été comprise.

 

En tant qu’un des ténors du rap burkinabè, quel bilan faites-vous de ces 20 années de parcours ?

 

Je dirai que le bilan est positif. Ma carrière n’a pas été à but lucratif. La preuve est que j’ai remis les retombés de mon second album « Vision positive », sorti en 2007, à une association de lutte contre le VIH/SIDA. Moi c’est le talent au service des gens.

 

Vivez-vous de votre art ?

 

Je vis de mes droits d’auteur. Dans la vie active, je ne fais que de la musique, je ne fais pas autre chose. Il y a des sponsors qui me soutiennent, donc je vis de mon art.

 

Avec du recul, quel est votre regard sur l’évolution du rap burkinabè ?

 

Le rap burkinabè a subi beaucoup de mutations. Maintenant, il y a le côté business qui est là. Les rappeurs d’aujourd’hui ont changé le fond de leurs textes, ce n’est plus du hardcore. Je ne peux pas dire qu’il évolue négativement car chaque entreprise est venue pour faire des chiffres d’affaires. Moi, je suis resté authentique, contrairement à beaucoup de jeunes actuellement. La tendance a changé avec l’afro-rap, c’est une question de génération. Le public a bien accueilli mon nouvel album, je crois que c’est l’essentiel.

 

Pouvez-vous nous parler de votre nouvel album ?

 

Il est intitulé « Africa », c’est une œuvre de 14 titres enregistrés en live avec des instruments traditionnels dans différents studios. Le projet a commencé chez Ibrahim Kéita à B.K production, ensuite à Tokora Production et deux autres titres à Kaya. J’y parle de terrorisme, de l’amour, de l’enfance en péril, la violence faite aux femmes, le mariage forcé, il y a aussi des chansons populaires de ma région comme « Bombossi ». Il est sorti le 29 février à l’institut français sous le label de Gnongolo Production, coordonné par Hamed Soura qui est mon parrain.

 

Quels sont vos projets ?

 

Juste après la sortie de l’album, on projetait faire un concert live au CENASA sous le patronage du ministre de la Culture. Mais malheureusement, avec la maladie du Covid-19, le concert a été reporté au 26 décembre prochain.

 

Quel est votre message à l’endroit de vos fans ?

 

Je leur dirai que le Lion n’est pas mort, il dormait et il s’est réveillé.

 

Et si l’on vous demandait de nous parler de votre quotidien ?

 

Toute la journée, je suis connecté avec mes fans sur les différentes plateformes du net lorsque je n’ai pas un programme en studio ou des rendez-vous. Je m’occupe aussi de ma petite famille.

 

Quelle est votre situation matrimoniale ?

 

Je suis marié et père de deux enfants.

 

Qu’avez-vous à dire pour conclure ?

 

Je remercie tous ceux qui m’ont soutenu depuis le début de ma carrière. Merci à la presse et à Tonny Mijaress qui m’accompagne en tant que coach.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

 

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