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JOHNEM, ARTISTE-MUSICIEN: « Certains disent que le talent seul ne suffit pas en musique »

Originaire de l’Est du Burkina plus précisément de Tibga à quelques encablures de Fada, Johnem, à l’état civil Emmanuel Yougbaré, est un jeune artiste-musicien qui a le vent en poupe actuellement avec son titre culte « Zonké ». Ex-pensionnaire du Petit Séminaire de Bougui, il a deux albums au compteur : « Zonké » sorti en 2018 et « Wekré », en 2019. Détenteur d’une licence en droit, il s’est confié à nous dans cette interview à travers laquelle il nous parle de son parcours, de ses projets, des difficultés du milieu, dresse le bilan de sa jeune carrière, lève le voile sur sa situation matrimoniale et aborde sans détour d’autres sujets. Lisez plutôt !

Evasion : Comment allez-vous ?

 

Johnem : Ça va. Le public burkinabè m’a accepté depuis mon premier album. C’est un public honnête qui a été marqué par mon travail et qui a fait de moi l’artiste que je suis aujourd’hui.

 

Etes-vous donc satisfait du bilan de votre jeune carrière ?

 

Moi, je suis hyper satisfait parce que venu de nulle part, je me suis vu accepté par les mélomanes d’ici et d’ailleurs. Je remplis par moments des salles ici au Burkina et en Côte d’Ivoire. Je loue le Ciel pour cela.

 

Quelle est la petite histoire de « Zonké » qui connaît tant le succès ?

 

Ça veut dire simplement faire le malin. Sortir la plus belle chose qui vient de soi.

 

Avez-vous mis au placard votre licence en droit?

 

On ne met pas au placard ce qu’on a passé des années à avoir. Je fais des concours espérant me positionner dans un poste quelque part.

 

Et comment vous êtes-vous retrouvé dans la musique ?

 

C’est un don de Dieu. Je retiens beaucoup de chansons que j’entendais au village quand les mamans fredonnaient au moulin. J’ai eu la chance de passer par le Petit Séminaire où on nous formait en solfège et technique de chant. Ce passage a réveillé cette passion qui était en moi et m’a permis de m’engager fortement dans la musique. J’ai composé ma première chanson au CM2.

 

Pourquoi ne retrouve-t-on pas des chansons chrétiennes dans vos albums ?

 

Quand j’étais au Petit Séminaire, j’ai composé des chansons religieuses. Ce n’est donc pas exclu de les retrouver dans mes prochains albums. Mais en attendant, il faut que je me fraye un chemin pour me faire accepter. Et pour se faire accepter, il faut aussi porter le manteau de ceux qui sont dans le monde profane.

 

Vivez-vous de votre musique ?

 

Aujourd’hui, je ne vis que de ma musique. Et je m’estime déjà très heureux.

 

Quelle est la difficulté majeure à laquelle vous êtes confronté en tant que jeune artiste ?

 

Ce sont les bâtons qu’on nous met dans les roues. Il est question de savoir comment s’insérer dans ce rouage musical et se faire accepter des promoteurs, producteurs, managers et autres mécènes. Certains disent que le talent seul ne suffit pas en musique mais je me suis dit qu’en plus du talent, il faut le courage. A mes débuts, je n’avais pas de staff mais aujourd’hui, il y a la structure St Pierre Communication qui m’accompagne.

 

Vos chansons sont beaucoup appréciées par les femmes. Est-ce qu’elles ne vous draguent pas finalement ?

 

(Eclats de rire)… Sur cette question, je ne voudrais pas me prononcer. J’ai chanté pour les mamans et pour les femmes en général. C’est donc naturel qu’elles soient nombreuses parmi mes fans. Et ça se limite là. La plupart de ceux qui me soutiennent, sont des femmes et je profite de l’occasion pour dire merci à maman Fati, maman Roukiéta, maman Héro…

 

Quels sont vos projets ?

 

J’ai un groupe de live que je suis en train de fonder et on est en pleine répétition. Je me suis mis dans des compositions pour suivre les règles en ce qui concerne les normes de l’international. Et je peux dire que j’ai des invitations en vue.

 

Quel est votre quotidien ?

 

J’apprends actuellement la guitare, ce qui meuble un peu mes journées. Il y a les démarches pour préparer les concours, il y a également les répétitions avec le Zonké orchestre. Après cela, on sort s’évader entre amis quand il n’y a pas de concerts.

 

Quelle est votre situation matrimoniale ?

 

Je suis père d’un enfant mais je ne me suis pas encore engagé avec une femme.

 

Qu’avez-vous à dire à nos lecteurs pour terminer ?

 

Je leur demande de me faire confiance et de continuer à me soutenir, je ne leur décevrai pas. Je fais un clin d’œil à Floby que je côtoie par moments, à mon grand frère Sofiano qui m’a beaucoup conseillé au niveau du choix des arrangeurs, à Dez Altino qui a accepté de parrainer la cérémonie de dédicace de mon nouvel album. Le show-biz burkinabè est grandissant et je suis reconnaissant envers tous ceux qui se battent pour notre culture. Grand merci à Evasion et que la paix règne au Burkina Faso.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

 

 

 

 

 

 

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