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JIMAS SANDWIDI, ARTISTE- MUSICIEN: « La musique doit être au service de la paix et de la justice »

Auteur de trois albums à succès, Jimas Sandwidi est originaire de Koupéla dans le Kourritenga mais réside à Bonn en Allemagne depuis près de deux décennies. Le titre « Sakda naaba » extrait de son premier album fut un véritable succès et l’a révélé au grand public. Suivront ensuite d’autres chansons très prisées des mélomanes comme « Corruptur » et « Comme un fou ». Reggaemaker adulé au Burkina, l’artiste que nous avons joint au téléphone a bien voulu se prêter à nos questions à travers cette interview. Jimas Sandwidi nous parle de son quotidien, de sa situation matrimoniale, de son regard sur la musique burkinabè et bien d’autres sujets. Lisez plutôt.

 

Evasion : Que devient Jimas Sandwidi ?

 

Jimas Sandwidi : Je vais bien.

 

Votre dernier album en date « Nagui taaba » est sorti en 2006, pourquoi ce silence depuis douze ans ?

 

En 2008, j’ai sorti « Kuukaru » avec des enfants allemands qui chantent en mooré. Mais il faut dire que le silence est dû surtout à un manque de temps pour me concentrer sur la chose musicale, je veux dire la production. Je suis présentement dans mon studio où j’ai parfois la chance d’accueillir des artistes. Mais je n’arrive pas à produire mes propres albums bien que je dispose de tout. Comme au début de ma carrière, je fais la musique pour moi-même.

 

A quand votre nouvel album ?

 

Dommage que je ne puisse pas répondre à cette question, ce sera quand Dieu le voudra. Mais ce n’est pas l’inspiration qui manque.

 

Vous dites que vous chantez pour vous-même alors que l’artiste propose des œuvres au public, n’est-ce pas paradoxal ?

 

Non, je ne crois pas. La démarche artistique est différente selon chaque artiste. Il y en a qui visent le public et qui se plient à tout pour leur faire plaisir et ceux-là qui visent eux-mêmes et atteignent le public. Les uns sont libres et les autres pas. Moi, je suis libre.

 

Votre titre « Sakda naaba » a connu un grand succès, quels souvenirs gardez-vous de cette époque de gloire ?

 

La certitude et l’assurance de l’immoralité d’une œuvre artistique et la fierté d’avoir eu la chance d’être celui qui a donné naissance à « Sakda naaba ». En toute sincérité, ceux qui me connaissent, savent que je vis selon cet esprit sakda naaba.

 

Savez-vous que vous manquez à vos fans ?

 

Non. Voyez-vous, le paradoxe dont nous venons de parler se trouve là dans cette expression. Je ne pense pas avoir connu une période de gloire. C’est dans cela que réside pour moi l’essence de l’existence. La gloire est un mirage.

 

Pourtant la chanson « Sakda naaba » fut un succès au Burkina, pourquoi refusez-vous cela ?

 

Je ne le refuse pas, je suis à la fois étonné et fier d’avoir votre considération, votre estime et surtout votre confiance. Le sentiment d’être aimé par les mélomanes burkinabè malgré la distance et le temps, est un idéal d’amour. Ceci est pour moi un signe de grâce divine, la bénédiction. Le Burkina tout entier que j’aime me manque en écoutant « Sakda naaba », « Comme un fou » ou « Corruptur ».

 

Quel est votre regard sur la musique burkinabè actuellement ?

 

Il y a eu une explosion artistique et musicale considérable au point de permettre une présence du Burkina sur le plan international. Cela a été favorisé par l’évolution et l’accès à la technique du son, par exemple le home recording. Ce qui a boosté les productions.

 

Quels sont vos projets ?

 

Rentrer au Burkina et partager mon expérience avec ceux qui le désirent.

 

Quel bilan dressez-vous de votre carrière ?

 

Je ne peux pas donner de bilan parce que je suis sûr que j’ai encore quelque chose à donner. Il y a beaucoup à faire. L’art, la musique notamment, doit être au service de la paix et de la justice.

 

Quelle est votre situation matrimoniale ?

 

Je suis marié et père de cinq enfants et trois petits- enfants.

 

Quel est votre quotidien en Allemagne ?

 

Je suis à Bonn, je travaille comme consultant et artiste- musicien et je prends soin de ma petite famille.

 

Pour terminer, quel est votre message à l’endroit de nos lecteurs ?

 

Plus que jamais, le Burkina a besoin de chacun de nous comme artisan de la paix. Puisse chacun de nous prendre chaque jour conscience de cette responsabilité. Merci à Evasion d’avoir pensé à moi.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

 

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