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INSPECTRICE MOUNA, ACTRICE DE CINEMA: « Je suis célibataire sans enfant »

Originaire de la localité de Mané dans le centre-nord du Burkina près de Kaya, Samira Sawadogo, connue sous le pseudonyme l’inspectrice Mouna pour son rôle dans la série Commissariat de Tampy, est née à la maternité Yennenga de Ouagadougou et a grandi au quartier Zangouétin de la capitale burkinabè. Star du cinéma, elle est titulaire d’un BTS commercial. Dans cette interview qu’elle a bien voulu nous accorder, l’ex- mannequin nous parle de sa vie au cinéma, de son entreprise, de son quotidien, lève le voile sur sa situation matrimoniale, parle de ses projets et jette un regard critique sur le cinéma burkinabè. Lisez plutôt.

 

Evasion : Que devient l’inspectrice Mouna ?

 

Samira Sawadogo : Le projet ne continue plus ; pour le moment, ils l’ont mis en stand by. Par contre, l’inspectrice Mouna évolue dans les affaires et elle essaie de se faire d’autres projets aussi.

 

Votre enfance a-t-elle été marquée par le cinéma ?

 

Non, pas du tout.

 

Et comment vous êtes-vous retrouvée au cinéma ?

 

Je dirai que c’est suite à un appel à casting, j’y ai été et on m’a retenue.

 

Mais si vous avez été au casting, cela sous-entend que vous nourrissiez une ambition dans ce milieu, n’est-ce pas ?

 

On m’a incitée à aller au casting et ce fut par Didier Zongo à qui je fais un clin d’œil. Avant d’être dans le cinéma, j’étais mannequin et je poursuivais toujours mes études. Un jour, ils ont lancé le casting. Moi, je ne me suis pas intéressée pour jouer un rôle d’inspectrice de police. C’est un peu plus tard qu’ils sont passés par notre manager qui est Didier Zongo pour lancer un autre casting parce qu’ils n’avaient pas trouvé un personnage qui a le profil recherché. Didier Zongo a fait une présélection au sein de l’agence. Dans les critères, il fallait savoir conduire et c’était le coup de chance pour moi, c’est comme çà que j’ai été retenue.

 

Arrivez-vous à vous détacher de ce personnage dans votre vie quotidienne ?

 

Oui. Ceux qui me fréquentent régulièrement ne cessent pas de me dire qu’ils pensaient que je suis réellement comme le personnage que j’incarne. Ils avaient une idée arrêtée sur moi en me voyant à la télé, mais cela n’a rien à voir avec ma vie privée.

 

Vous seriez une femme de caractère, est-ce vrai ?

 

(Eclats de rire) Je pense que je suis une femme de caractère. J’aime le dynamisme, je suis une femme qui aime bouger, qui aime toujours aller de l’avant. Je ne sais pas si c’est ce qui m’a permise de réussir le rôle dans Commissariat de Tampy.

 

Au-delà de Commissariat de Tampy, vous avez joué dans d’autres films, qu’est-ce que le cinéma vous a-t-il rapporté ?

 

Le cinéma m’a rapporté beaucoup de choses. J’étais dans l’art vivant, je veux parler du mannequinat, dans le cinéma, il y a beaucoup à savoir (la culture générale) et à travers les différents rôles, il y a toujours une leçon qu’on tire, beaucoup de choses qu’on apprend. J’ai eu à incarner plusieurs rôles en dehors de Commissariat de Tampy notamment dans Somzita, l’ingrat.

 

Peut-on se baser sur le fait d’être populaire pour dire que le cinéma vous a beaucoup rapporté ?

 

Ah oui ! ça fait toujours plaisir qu’on te reconnaisse quand tu passes dans les rues. On a toujours des retours positifs, les gens ne cessent pas de t’apprécier favorablement. Ne serait-ce que çà, ca fait du baume au cœur.

 

Pensez-vous que le cinéma burkinabè se porte bien ?

 

Il pourrait mieux se porter. Mais je crois qu’on est dans cette lancée. Il ne va pas bien si on veut comparer le Burkina à d’autres pays comme le Nigeria et ce, vu que Ouagadougou est la capitale du cinéma africain. Je dirai que ça va lentement et j’ajouterai aussi sûrement. Par rapport à dix ans en arrière, actuellement, il y a beaucoup de productions et je me dis que c’est dans ces productions qu’on aura le meilleur.

 

Vous rêvez de jouer dans des grands films hollywoodiens, y a-t-il des contacts dans ce sens ?

 

Pas seulement hollywoodiens, même en Afrique ici il y a de grosses productions. C’est d’ailleurs dans ce sens que je commence à sortir dans les festivals et ce n’est que dans les rencontres aussi qu’on peut réussir à dénicher de gros contrats, c’est en tout cas mon rêve.

 

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées en tant qu’actrice ?

 

Toute activité a son côté positif et celui négatif. Mais moi généralement, je n’aime pas voir çà comme une difficulté parce que ça devient un blocage. Dans toute chose, il y a ce côté qu’il faut essayer de gérer et c’est qui donne de l’expérience.

 

Et les bons et mauvais souvenirs ?

 

Je n’aime pas être négative en fait. Pour moi, ce qui peut être une contrainte me prépare pour la positivité. C’est comme çà que je vois les choses. Mais quand il y a un regroupement d’hommes, c’est très difficile la gestion des ressources humaines.

 

Vous êtes titulaire d’un BTS commercial, après huit ans passés dans une société de téléphonie, vous créez votre agence, comment la gérez-vous ?

 

C’est vrai, j’ai été dans une société de téléphonie mobile mais bien avant, j’avais ouvert ma structure et dans mon programme, il me fallait avoir une expérience en entreprise parce que je venais d’avoir mon BTS. J’ai beaucoup appris au sein de cette structure et je fais un coucou à mes anciens collègues. Et c’est cette expérience qui me permet de gérer ma structure.

 

Quels sont vos projets ?

 

C’est de produire de grands films, je veux plus exceller dans la production. Mais je vais toujours être actrice.

 

Pour une femme aussi charmante comme vous, n’êtes-vous pas tout le temps draguée par les hommes dans ce milieu artistique ?

 

Ecoutez, même si ce n’est pas dans le cinéma, la vie est ainsi. (Eclats de rire) Dans le  milieu, on se drague, on se fait courtiser, ça passe ou ça casse. Ça ne dépasse pas ça mais ce n’est pas une difficulté pour moi, car pendant ce temps, il y a d’autres qui demandent à avoir des gens autour deux mais elles ne gagnent pas. On a plus de choix et pour moi, on doit s’estimer heureux.

 

Quelle est votre situation matrimoniale ?

 

Je suis célibataire sans enfant.

 

Quels conseils donnez-vous aux filles qui veulent se lancer dans le cinéma comme vous ?

 

Je leur demande de toujours persévérer et de prendre au sérieux tout ce qu’elles auront à entreprendre. Il n’y a pas de sot métier. Aujourd’hui, Samira Sawadogo est beaucoup connue sous le pseudo l’inspectrice Mouna, je n’arrive vraiment pas à me défaire de ce nom et il m’a fallu du temps pour l’accepter. Je n’ai pas commencé en tant qu’actrice mais en tant que mannequin et j’y ai cru. Aujourd’hui, ça va un peu avec les réseaux sociaux, on peut être star dans le mannequinat ; à notre époque, ce n’était pas le cas et le métier était mal perçu. Je viens d’une famille religieuse et ça n’a pas été du tout facile pour moi d’exercer le métier, mais cela ne m’a pas non plus empêchée de continuer mes études. Et voilà qu’aujourd’hui, on me connaît dans le cinéma. Le succès n’est pas un fait du hasard.

 

Vous êtes régulièrement active dans des organisations caritatives, peut-on dire que vous êtes une dame au grand cœur ?

 

Je ne sais pas, tout ce que je sais, c’est qu’en tant qu’actrice, je suis une ambassadrice de mon pays. Je suis un personnage public que je le veuille ou pas. Tout ce que je sais, je me dois de donner le bon exemple pour mes jeunes sœurs et frères qui nous adulent. Je me suis demandé pourquoi ne pas joindre mon image à une activité noble. C’est pour cette raison que mon staff et moi avons créé cette activité à l’occasion de mon anniversaire qui est le 11 décembre et vu que ça coïncide avec la fête d’indépendance, on a décalé l’activité vers les 20 et 21 décembre. Je ne dis pas que je suis féministe mais pour ma part, je trouve que les femmes sont plus vulnérables. Donc, je préfère mettre l’accent pour le moment sur les femmes et les enfants. Cette année, ce sera les 21 et 22 décembre, on va faire un don à l’orphelinat l’hôtel maternel de Ouagadougou, on fait également une collecte de sang pour aider les malades. En plus, à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), on a des enfants qui y séjournent avec leur mère par contrainte.

 

Quel est votre quotidien ?

 

D’abord, le matin je me lève vers 6h, je fais ma prière, je me prépare pour le bureau, mes locaux s’ouvrent à 8h, j’y arrive vers 8h30. J’essaie d’évacuer mon planning que j’ai élaboré bien avant et si j’ai des rendez-vous, je les gère. A midi, je vais pour le déjeuner. Le soir, je vais faire le sport notamment la danse pour me maintenir un peu en forme. Voilà, c’est maison-boulot-maison.

 

Un mot pour clore cette interview ?

 

Il y a trop de problèmes actuellement dans notre pays, que chacun mette de l’eau dans son vin afin qu’on puisse vivre dans la paix, c’est important. On ne pourra pas développer ce pays sans l’apport de tout un chacun. Je vous remercie également pour la considération à mon égard.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

 

 

 

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