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INSCRIPTION DES ETUDIANTS ET PAIEMENT EN LIGNE: Allons pour le numérique mais attention aux dangers !

Lentement mais sûrement, le Burkina est en train de tisser sa toile sur la toile.  Les dernières innovations les plus emblématiques sont sans conteste, le paiement des taxes et impôts et l’inscription des nouveaux bacheliers en ligne dans les universités publiques.  Ces innovations méritent d’être saluées à leur juste valeur.  Car, dans ce monde de plus en plus numérisé, le Burkina, à l’instar d’autres pays africains, ne peut s’offrir le luxe de rater le train du numérique. Et ce, eu égard aux nombreux avantages qu’offre la technologie numérique. Sans tomber dans l’optimisme béat, ces innovations technologiques pourraient bien permettre d’éviter les longues files d’attente que l’on constate souvent devant les guichets de certains services publics, mais aussi et surtout de faire baisser le mercure de la corruption qui a pignon sur rue au Burkina Faso.  Le Burkina a d’autant plus intérêt à persévérer dans la voie du numérique que le retard accusé en matière de développement, est énorme. Mais il serait naïf de croire qu’il suffit de se lancer dans le numérique pour aussitôt atteindre un niveau de  développement poussé. Que l’on ne s’y trompe pas ; tant que les nouvelles innovations ne seront pas accompagnées de mesures idoines, on ne pourra pas atteindre les résultats escomptés. On le sait, le Burkina fait partie des pays où disposer d’une connexion Internet permanente à haut débit, relève d’une véritable gageure.  Même disposer d’une simple connexion dans certaines de nos villes où elle est censée être disponible, relève quelquefois d’un véritable parcours du combattant.

 

On est en droit d’émettre des inquiétudes

 

Autant dire que bien qu’elles soient pertinentes, ces innovations numériques en cours ne pourraient profiter qu’aux plus nantis.  Or, l’objectif principal, c’est de faire en sorte que le fils du pauvre puisse bénéficier des mêmes services publics que celui du riche. Cela dit, si l’on ne peut douter de la pertinence de ces innovations, l’on peut toutefois se poser la question suivante. Toutes les dispositions ont-elles été prises pour permettre aux citoyens de jouir pleinement de ces nouvelles innovations? Rien n’est moins sûr. Au-delà de cette question d’accès au numérique, il faut se demander si les questions relatives aux dangers du net, c’est-à-dire ses inconvénients, ont été prises en compte. Si nul ne peut douter des avantages du numérique, il faut tout de même reconnaître que la voie du numérique est parsemée de dangers. Dans un pays comme le nôtre où le taux de chômage des jeunes rivalise avec celui des naissances, la numérisation de certains services pourrait n’avoir pour conséquence que d’accentuer davantage ce taux. L’autre préoccupation et non des moindres est le niveau de sécurité ou de fiabilité des nouvelles innovations technologiques. Nombreux sont les usagers des plateformes de paiement en ligne qui se plaignent de la fiabilité des systèmes utilisés. Certains ont vu leur fourniture de services suspendue au motif qu’ils n’ont pas payé alors qu’ils ont honoré leur facture via le système de paiement en ligne. D’autres ont payé deux fois la même facture parce que le premier paiement n’a jamais été validé auprès du fournisseur alors que le montant de la facture a été prélevé sur le compte du client. Et les mésaventures de ce genre sont légion, notamment dans la capitale burkinabè où le taux d’utilisation du numérique est le plus élevé. A cela, il faut ajouter les cyber-escrocs qui pourraient se servir de ces innovations pour nuire aux  prestataires ou aux étudiants. En tout cas, on est en droit d’émettre des inquiétudes quand on connaît surtout le laxisme dont fait souvent montre  l’Administration publique burkinabè. Qu’à cela ne tienne, allons au numérique mais attention aux dangers ! Car, comme on le dit, aucune avancée technologique n’est exempte de dangers. Le plus important est de pallier les menaces.

 

Dabadi ZOUMBARA

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