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IKLASS, chantre : « Dans toute chose il faut aller doucement »  

 

A l’état civil, Oumar Zongo, le chantre Iklass est né à Ouagadougou et est originaire de Laye. Précurseur de la musique religieuse musulmane au Burkina Faso, il se retrouve en 1999 en Côte d’Ivoire pour des études coraniques et regagne le bercail trois ans plus tard. Fils du chansonnier Tanga Soumaila Zongo, Iklass a mis son premier opus sur le marché du disque en 2012. En août 2015, il réalise son second album. Malheureusement, un accident de la circulation l’éloigne de la scène musicale. Et ce, quelques jours seulement après la dédicace du nouvel album. Dans cet entretien, le chantre nous parle de ses débuts dans la musique, de sa productrice Toussy, de son accident et bien de surprises. Lisez plutôt !

 

Que signifie ton surnom Iklass ?

 

C’est un nom en arabe qui signifie la sincérité, la fidélité et la croyance en un seul Dieu.

 

Est-ce parce que ton entourage ne te trouvait pas sincère ?

 

Oh, pas ça ! C’est un nom qui me plaisait déjà. Moi, je suis sincère dans tout ce que je fais.

 

Quel est réellement ton cursus scolaire ?

 

J’ai fait l’école française jusqu’en classe de 5e au Lycée Bambata. J’ai tout abandonné à la suite du décès de mon père et je me suis retrouvé en Côte d’Ivoire en 1999 où j’ai commencé à lire le coran. Trois ans plus tard je suis revenu au Burkina après mes études coraniques. J’ai par la suite intégré l’AEEMB.

 

En tant que précurseur de la musique religieuse musulmane, comment as-tu réussi à convaincre la communauté ?

 

J’ai la musique dans le sang. Au début j’ai voulu faire du rap. Je me suis rendu compte après avoir lu plusieurs livres saints, que ce n’est pas la musique elle-même qui pose problème mais c’est ce qu’on dit dans les chansons. La religion n’interdit pas la musique.

 

Sortirais-tu un album si tu n’avais pas rencontré Toussy ?

 

Ça serait difficile. Ma rencontre avec elle a été un déclic pour ma carrière. Dieu l’a mise sur mon chemin et je Lui rend grâce.

 

Comment l’as-tu rencontrée ?

 

C’est grâce à mon ami Arun qui est un artiste-musicien et qui est actuellement aux USA. C’était en 2011 lors d’une tournée pour la paix. Elle voulait des artistes catholiques, protestants, musulmans et autres tendances musicales. J’ai pris part à la tournée et elle a apprécié mes sorties sur scènes. C’est ainsi qu’elle a décidé de me produire.

 

Pourquoi n’avoir pas sorti un album hip-hop ?

 

Dans toute chose il faut aller doucement. Comme c’était pratiquement une première au Burkina, si j’avais commencé par le rap, peut-être que le milieu n’allait pas l’accepter facilement. Il y aurait une pression.

 

Peut-on s’attendre à un album hip-hop ?

 

Effectivement, je pense le faire un jour. En Europe, il y a des artistes musulmans qui font du hip-hop ; là-bas ça marche très bien. On peut citer Samir Issouf qui vit en Grande-Bretagne ; il remplit des salles ! Il y a Les frères Musulmans. On m’a dit que les musulmans peuvent danser.

 

Penses-tu être satisfait de ton premier album ?

 

Le premier opus m’a permis de connaître assez de personnes et m’a ouvert beaucoup de portes. Je suis satisfait.

 

Comment as-tu vécu ton accident de la circulation quelques jours après la sortie de ton nouvel album ?

 

Quand on est croyant, on se dit que tout ce qui nous arrive vient de Dieu. Il passe par toutes les épreuves pour tester notre taux de croyance. C’est comme dans une de mes chansons où j’ai dit qu’il y a des jours où ça va à merveille, il y a aussi des jours où rien ne va, mais si ça t’arrive, sache que c’est la volonté de Dieu. J’ai été victime d’un accident de la circulation le 5 septembre 2015 et je suis resté alité pendant cinq mois.

 

Comment as-tu accueilli ta nomination aux Kundé dans la catégorie « meilleure artiste de musique religieuse » ?

 

C’est un moment de joie pour moi après un moment de tristesse. Je suis nominé pour la deuxième fois. J’en suis content et je dis merci à Dieu.

 

Quels sont tes projets avec le nouvel album « Wend bala » ?

 

C’est maintenant que la promotion commence. Je compte organiser un concert à la Maison du peuple au cours du mois de mai. Je dois étendre mes actions en Côte d’Ivoire, au Mali et au Sénégal où il y a une forte communauté musulmane.

 

Accepterais-tu de jouer dans un bar ?

 

Pourquoi pas, si le barman et/ou les organisateurs me permettent de passer mon message ! Je ne vais pas en tout cas encourager la dépravation des mœurs. Partout on peut prêcher la bonne nouvelle.

 

Quel est ton mot de la fin ?

 

Je tiens à vous remercier pour l’intérêt que vous portez à ma modeste personne. Je dis merci à toute la presse et à mes fans ; c’est maintenant que la vraie aventure commence.

 

Propos recueillis par Aboubakar Kéré KERSON

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