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ENFANTS EN SITUATION DE RUE: Le tout n’est pas de prendre des mesures

La ministre de la Femme, de la solidarité nationale et de la famille, Hélène Marie Laurence Ilboudo Marschal, vient d’annoncer la volonté du gouvernement de retirer les enfants en situation de rue pour les placer dans des auberges et centres d’accueil. Un projet qui doit voir le jour d’ici à l’horizon 2020. Le moins que l’on puisse dire, c’est que notre cri du cœur a été entendu. En effet, dans une de ses récentes sorties, le ‘’fou’’ dans sa chronique (rubrique paraissant tous les vendredis),  s’était indigné de l’inaction du gouvernement vis-à-vis de ces enfants en situation difficile et l’avait interpellé à se pencher sérieusement sur leur sort. Avec l’annonce du retrait de ces laissés-pour-compte de la rue, l’on pourrait dire que le message a été entendu. Et c’est à l’honneur du gouvernement. Mais, le tout n’est pas de prendre des mesures. Car, sous nos tropiques, entre l’annonce d’une mesure et sa mise en œuvre, il y a parfois un fossé abyssal. Autrement dit, le gouvernement a-t-il pris toutes les dispositions pour que ce projet dont nul ne doute de la pertinence puisse avoir les résultats escomptés ? Rien n’est moins sûr. Par contre, ce dont on est certain, c’est que malgré ses efforts, l’Etat n’arrive pas à bien s’occuper des pensionnaires des centres déjà existants. Comment va-t-il donc s’y prendre pour que ce projet qui nécessite des moyens colossaux, connaisse un succès ? C’est vrai que des partenaires sont prêts à cracher au bassinet mais, il reste que la réussite d’un projet n’est pas uniquement liée au nerf de la guerre.

 

Une large sensibilisation des acteurs s’avère primordiale

 

Rien que la corruption qui a pignon sur rue au Faso pourrait, à elle seule, faire échouer un tel projet.

Cela dit, que ferait le gouvernement si certains enfants refusaient d’abandonner la rue ? Serait-il capable de taper du poing sur la table pour ramener dans l’enclos les brebis galeuses ? Rien n’est moins sûr. Par ailleurs, l’on peut se demander pourquoi le gouvernement entrevoit le démarrage de ce projet pour d’ici à 2020. Des visées électoralistes ? On le sait, la présidentielle prochaine au Burkina aura lieu en 2020. Et le gouvernement qui fait l’objet de vives critiques à longueur de journée, voudrait certainement marquer les esprits des Burkinabè à la veille de cette échéance capitale, par de grands projets qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Or, ce serait une erreur que de vouloir faire de ce projet une affaire politico-politicienne. Cela est d’autant vrai que la question des enfants en situation de rue, ne saurait trouver une réponse satisfaisante sans l’implication effective et entière de certains leaders religieux. En tout cas, pour que la mayonnaise prenne, il faut l’implication de tous. Car, il s’agira d’héberger, de nourrir, de soigner, d’éduquer et de former ces enfants dont certains, à force de séjourner dans la rue, semblent avoir perdu le sens des valeurs cardinales.

Cela étant dit, une large sensibilisation des acteurs, surtout non étatiques, s’avère primordiale pour le succès de ce projet. En tout état de cause, il convient de louer l’initiative et d’encourager le gouvernement à hâter le pas dans la mise en œuvre de ce projet dont le succès pourrait soulager la communauté tout entière. En prenant l’initiative, le gouvernement a vu juste car au-delà du visage de la misère du pays qu’ils présentent en déambulant dans la rue, certains de ces enfants sont à la merci des ingénieurs du mal. Nombre d’entre eux sont des proies faciles pour les terroristes qui peuvent s’en servir comme d’agents de renseignement ou même de kamikazes. En tout cas, le gouvernement doit mettre un point d’honneur à réussir la mise en œuvre de ce projet, car il constitue un projet de développement social.

 

Dabadi ZOUMBARA

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