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EMMANUEL KUELA, artiste-musicien « Il nous faut une véritable identité musicale »

Grand supporter des Etalons et passionné de musique, Emmanuel Kuela est né dans l’est du Burkina, plus précisément à Tangaye dans le département de Diabo. Auteur d’un album et de quatre singles, dans cette interview exclusive qu’il a bien voulu nous accorder, l’artiste nous parle de son quotidien, jette un regard critique sur l’évolution de la musique burkinabè, lève le voile sur sa situation matrimoniale et aborde bien d’autres sujets. Lisez plutôt !

 

 

Evasion : Comment allez-vous ?

 

Emmanuel Kuela : Je vais bien par la grâce de Dieu, il n’y a pas de problème.

 

Vous êtes beaucoup médiatisé, vos chansons passent en boucle sur les chaînes de radios et télévisions mais on vous voit rarement sur scène, qu’est-ce qui justifie cela ?

 

Moi, je fais la musique par passion. J’ai beaucoup de choses à faire. Ce sont les Etalons qui m’ont poussé à chanter. C’est ainsi que mes premières chansons leur ont été dédiées. Actuellement, je n’ai pas mis en place un staff managérial autour de ma carrière musicale. Ça ne saurait tarder avec la sortie de mon second album. Les promoteurs me contactent pour des scènes mais pour l’instant, je décline certaines offres pour des raisons de calendrier.

 

Vous avez invité Zougnazagmda sur une de vos chansons en featuring, comment s’est faite la rencontre avec cette star ?

 

C’est mon père spirituel. Je l’ai connu en 2000 quand je vendais des produits artistiques comme les cassettes et autres œuvres des artistes burkinabè. Quand il a écouté une de mes chansons traditionnelles, il a dit que c’est bien et qu’il est prêt pour une éventuelle collaboration. C’est ainsi qu’il a intervenu sur deux de mes chansons.

 

Vous vous êtes lancé au départ dans la musique pour soutenir les Etalons, quelle a été la contribution de certains joueurs dans le financement de vos productions ?

 

Je l’ai fait par passion et amour pour mon pays. Moi, je pense que toute personne doit d’abord poser un acte louable avant d’attendre une éventuelle contribution.

 

Quels sont vos rapports avec certains joueurs de l’équipe nationale ?

 

Je n’ai pas d’amis comme joueur. Quand j’ai sorti mes premiers singles qui leur étaient dédiés, je les ai rejoints à l’hôtel lors d’un regroupement et je leur ai distribué gratuitement mes CD. Firmin Sanou m’a félicité, Narcisse Yaméogo m’a donné son maillot ainsi qu’Aristide Bancé. Je n’ai pas cherché à voir un joueur pour un soutien financier. Il y a beaucoup de gens qui viennent les emmerder régulièrement pour de l’argent. J’ai une certaine considération pour nos joueurs et je ne veux pas briser ce mythe.

 

Quel est votre quotidien ?

 

Je suis un peu dans les affaires. Le matin, je vais au magasin où je vends des motos. Les soirs, je suis entre ma petite famille et les maquis que je gère.

 

A quand la sortie du prochain album ?

 

Je travaille lentement mais sûrement pour la finalisation du nouvel album. La date du lancement officiel n’est pas encore fixée et je vous reviendrai pour vous informer. Mais sachez que j’ai déjà bouclé quatre chansons et l’œuvre comportera huit titres.

 

Quel est votre regard sur l’évolution de la musique burkinabè ?

 

Elle évolue bien. Mais il nous faut une véritable identité musicale. Par exemple, Hamed Smani a créé le tacborcé. Nous avons le wiré, le wedbindé, le warba et autres. Il nous incombe de trouver une voie à travers ces rythmes.

 

Mais quant à vous, dans quel rythme évoluez-vous concrètement ?

 

Je suis dans une vision de fusion des rythmes traditionnels avec une touche de sonorités modernes.

 

Quels sont vos projets ?

 

Mes projets sont nombreux et je préfère me taire là-dessus car je n’aime pas devancer l’iguane dans l’eau.

 

Que pensez-vous de l’élimination des Etalons de la prochaine CAN ?

 

C’est le choix de Dieu. Peut-être qu’il nous donne l’occasion de nous réorganiser et remporter la coupe. Je profite encourager les joueurs et supporters, le meilleur reste à venir.

 

Quelle est votre situation matrimoniale ?

 

Je ne suis pas encore marié mais je suis père de trois enfants.

 

Quel est votre message pour clore cette interview ?

 

Je dis merci à tous mes fans, c’est grâce à leur encouragement que nous continuons de produire des albums. Que la paix règne au Burkina. Merci à Evasion pour l’intérêt porté sur ma modeste personne.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

 

 

 

 

 

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