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EDOXI LIONELLE GNOULA, COMEDIENNE: « Je souhaite que 2020 soit l’année où nous allons respirer la paix au Burkina »

Comédienne et vice-présidente de la Fédération nationale du théâtre, Gnoula Edoxi Lionelle est née à Nabou dans la province des Balé mais est originaire de la région de l’Est du Burkina Faso, plus précisément de Yemni à quelques encablures de Fada. Vice-présidente de la Fédération nationale du théâtre du Burkina Faso, cette jeune comédienne voyage beaucoup à travers le monde pour des représentations. A travers cette interview qu’elle a bien voulu nous accorder, Edoxi revient sur son parcours, nous parle de ses projets, de son prix reçu cette année en Belgique, de la situation sécuritaire du Burkina, aborde beaucoup d’autres sujets et lève le voile sur sa situation matrimoniale. Lisez plutôt !

Evasion : Comment allez-vous ?

 

Edoxi Lionelle Gnoula : je me porte très bien.

 

Depuis quand êtes-vous dans le théâtre ?

 

Je suis dans le théâtre depuis 2001. J’ai commencé cet art depuis le collège à Fara.

 

D’où vient cette passion pour le théâtre ?

 

Cette passion a commencé au collège avec un de mes professeurs qui s’appelle Gaétan Félix Somé. Il était chargé d’organiser les activités culturelles. Parmi les élèves, il a vu que j’étais assez dynamique, il m’a informée qu’il avait une troupe à Ouagadougou et qu’une fois là, je pouvais intégrer cette troupe. Tout est parti de là et j’ai continué ma formation avec le regretté Jean-Pierre Guingané.

 

Quelle a été la suite ?

 

Je me suis retirée pour former ma propre compagnie en 2009, la compagnie Désir collectif. C’est pour mener mes propres activités et pour être assez indépendante.

 

Pouvez-vous nous parler de votre centre culturel situé à Saaba ?

 

Le centre a été mis en place en 2016 pour participer à la vie culturelle de notre pays et notamment de la localité de Saaba où il n’y a pas de théâtre. C’est le centre culturel Pam Taabo.

 

De toutes ces années, quel bilan faites-vous de votre carrière ?

 

En étant toujours jeune et en ayant des ambitions, il y a encore beaucoup de projets que j’aimerais réaliser. Je dirai que je suis assez satisfaite de ce que j’apporte au théâtre burkinabè. Je participe de mon mieux à ce niveau et je suis satisfaite.

 

Vous voyagez beaucoup à travers le monde. Quel a été votre voyage mémorable ?

 

J’ai visité beaucoup de pays tant en Afrique qu’en Europe. J’ai fait récemment un voyage en Norvège cette année qui m’a beaucoup touchée. C’était pour me former dans le théâtre jeune public. Je voyage beaucoup et je n’ai pas assez de temps pour regarder ces pays, mais cette fois c’était comme du tourisme pour moi.

 

Vivez-vous de votre art ?

 

Oui, je vis de mon art. Ça sera égoïste de dire que je ne vis pas de mon art à l’étape où je suis. J’ai quand même franchi des étapes. Comment je gère ce que je gagne, c’est là la question.

 

Qu’en est-il du prix que vous venez de recevoir cette année en Belgique ?

 

Cette année, j’ai été nominée deux fois en Belgique dans la catégorie meilleure comédienne avec ma pièce Legs suite, et j’ai reçu le prix de la meilleure seule sur scène.

 

Quels sont vos projets ?

 

C’est de pouvoir lancer les activités permanentes du centre, de pouvoir commencer à donner des formations parce que c’est le but du centre, de pouvoir donner des formations aux enfants des écoles et aussi aux amateurs du théâtre.

 

Et quel est votre regard sur la politique culturelle du Burkina Faso ?

 

Il faut qu’on continue toujours le combat. Moi, je fais partie de la Fédération nationale du théâtre du Burkina Faso où je suis la vice-présidente. Nous avons reçu un fonds qui n’existait pas et nous jeunes qui sommes dans ce bureau avons la responsabilité de faire vivre cette institution. Nous sommes en train de bien construire notre politique pour pouvoir tenir cette fédération. Ça ne va pas très bien dans le milieu du théâtre, car nous n’avons pas assez de subventions. C’est comme l’orphelin qui est là, qui tâtonne et qui fait tout pour se relever tout seul.

 

Que pensez-vous de la situation sécuritaire du Burkina Faso ?

 

Nous sommes presque tous au même niveau de surprise de jour en jour. Ce que je vois qui est rassurant, c’est l’énergie que nous avons en tant que citoyens, l’optimisme que nous avons face à cette situation et que chacun cherche à comprendre à sa manière. Ce qui me gêne, c’est qu’on ne sait pas qui nous attaque en réalité parce qu’il n’y a pas de revendication. Mais on garde espoir en se disant que demain sera meilleur.

 

Quel est votre quotidien ?

 

Le matin au réveil, c’est de voir comment mon fils se porte. Ensuite, je viens aux informations sur la situation nationale et également en ce qui concerne le domaine culturel avant d’entamer ma journée qui est articulée de rendez-vous, de résidences de créations et de représentations sur scène.

 

Pouvez-vous nous parler de votre situation matrimoniale ?

 

Je suis mariée et mère.

 

Quels sont vos vœux pour 2020 ?

 

Je souhaite que l’année 2020 soit l’année où nous allons respirer la paix au Burkina Faso. Cette paix que nous avons toujours vécue et qui est actuellement menacée. Je souhaite une année de santé et de prospérité pour tous les Burkinabè.

 

Quel est votre mot de la fin ?

 

Je vous remercie pour l’intérêt envers ma personne. Je crois beaucoup à l’art burkinabè, au théâtre burkinabè et je crois que nous allons toujours porter très haut le théâtre au pays et à l’extérieur.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar  Kéré KERSON

 

 

 

 

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