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DIALOGUE POLITIQUE ANNONCE PAR LE PRESIDENT DU FASO: La crédibilité des acteurs politiques en jeu

Le 4 avril dernier, des délégations des partis membres du Chef de file de l’opposition politique (CFOP) et des membres de l’Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP), ont été reçues par le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré. Initiée par le locataire de Kosyam, cette démarche a pour objectif de prendre langue avec les acteurs politiques autour des préoccupations d’intérêt national dans la perspective de la tenue d’un dialogue politique. Au nombre de ces préoccupations d’intérêt national, l’on peut citer l’adoption de la Constitution, les échéances électorales de 2020 ainsi que les affrontements communautaires provoqués par les attaques terroristes. L’on peut d’abord saluer la pertinence et l’opportunité de l’initiative du président. En effet, l’intérêt supérieur de la Nation commande aujourd’hui une convergence de vues des fils et filles du pays pour mieux apporter des éléments de réponses aux préoccupations du moment. La préoccupation la plus pressante est sans doute la lutte contre le terrorisme. Il faut, ici et maintenant, que la patrie, solidaire et debout, fasse barrage à l’ennemi pendant  que les choses peuvent encore être rattrapées. Et le préalable pour aller à l’assaut du péril est le consensus politique. Et cela est la marque des grandes nations. Les Français ont pu faire montre de cette qualité à chaque fois que leur pays a fait l’objet d’attaques terroristes. Les forces du mal, conscientes que leur antidote réside dans le large rassemblement des fils et filles d’un pays, font tout ce qui est en leur pouvoir pour que cet élan unitaire et salvateur n’ait jamais lieu. Les conflits communautaires qu’elles suscitent et entretiennent çà et là dans notre pays, participent de leur logique de diviser pour mieux régner. Le Burkina doit puiser dans ses dernières énergies pour ne pas tomber dans leur piège. La mauvaise vision serait de croire que la lutte contre le phénomène est la seule affaire du gouvernement.

 

On ne peut pas construire une grande démocratie, si les acteurs politiques se regardent en chiens de faïence

 

Il ne faut pas se leurrer, les terroristes ont horreur de la démocratie et de l’Etat de droit. Tous ceux donc qui ont en partage ces qualités, sont potentiellement leurs ennemis. Par conséquent, tous les démocrates du pays, toutes obédiences confondues, doivent s’unir pour leur dire non et non ! C’est pourquoi l’on peut déjà saluer la disponibilité de l’opposition à aller au dialogue politique. La deuxième préoccupation dont la solution passe par une entente politique, est liée à la mise en place de la nouvelle Constitution. Le pays réel pourrait ne pas comprendre qu’en ces moments difficiles pour le pays, l’on organise à coup de milliards de F CFA un référendum. Bien des Burkinabè pourraient même percevoir ce scénario comme une provocation. Or, s’il y a véritablement un consensus politique, la voie parlementaire peut être envisagée sans que la qualité de la nouvelle Constitution en soit affectée. La politique n’est pas la guerre. D’ailleurs, c’est pour éviter la

guerre que la politique a été instituée. De ce point de vue, tous les problèmes qui assaillent un pays, peuvent trouver leur solution dans le cadre d’un dialogue politique. Mais il faut que celui-ci soit sincère et inclusif. Il faut le dire avec insistance d’autant plus que de par le passé, le pays a connu des dialogues politiques beaucoup plus orientés vers la ruse politique que vers la résolution des problèmes pour lesquels ils ont été initiés. Ces genres de dialogues sont contre-productifs. La gravité de l’heure ne peut pas s’en accommoder. L’idéal serait que l’on opte pour un dialogue de toutes les Forces vives et morales de la Nation. Un tel cadre pourrait associer les Organisations de la société civile et les autorités coutumières et religieuses. En tout cas, pour résoudre dans la durée les questions liées au terrorisme et aux tensions intercommunautaires, ce format est un passage obligé. Le Burkina est notre maison commune. Tout le monde doit mettre un point d’honneur à le protéger. Les Forces de défense et de sécurité (FDS) qui, aujourd’hui, sont aux prises avec les terroristes, verront leur moral monter en flèche si elles constatent que le corps social, moral et politique regarde ensemble dans la même direction. En tout cas, l’on ne peut pas gagner des victoires sur le terrorisme sans ce préalable. L’on ne peut pas non plus construire une grande démocratie, encore moins une grande nation si les acteurs politiques se regardent en chiens de faïence. Chaque acteur politique doit se le tenir pour dit. L’heure n’est pas au dialogue politique de type byzantin. Car, il y a péril en la demeure.

 

P.K

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