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CRIMINALISATION DU TRAFIC DE FAUX MEDICAMENTS: Une œuvre de salubrité publique

Les 17 et 18 janvier derniers, des chefs d’Etat africains se sont retrouvés à Lomé, au Togo,  à l’effet de réfléchir sur le trafic des faux médicaments. A cette occasion, un appel fort à la criminalisation du phénomène et à une meilleure coopération entre les Etats, a été lancé. Le Burkina n’était pas représenté à la rencontre mais force est de constater que le trafic des faux médicaments est un phénomène qui concerne aussi le pays des Hommes intègres. Avant de se pencher sur le cas spécifique du Burkina, il est bon de rendre hommage aux chefs d’Etat africains qui ont eu la vision de se retrouver à Lomé pour réfléchir sur la question des faux médicaments. Et c’est la première fois que des dirigeants africains, à ce niveau de responsabilités, ont daigné cogiter sur le phénomène au point de proposer des remèdes qui semblent à la hauteur du drame. En tout cas, les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), sont suffisamment  révélatrices de l’ampleur du phénomène sur le continent noir. En effet, selon cette institution, dans certaines régions d’Afrique, 60% des médicaments sont falsifiés. Cela concerne aussi bien les antibiotiques et les antipaludéens que des médicaments contre le cancer, le viagra et les produits cosmétiques qui proviennent le plus souvent d’Asie ou du Nigeria. Et l’OMS d’ajouter : « Pour les trafiquants, le business du faux médicament est plus lucratif que celui de la cocaïne ». Les médicaments falsifiés font des ravages, notamment en Afrique. Et le problème est d’autant plus corsé que ces faux médicaments sont aussi vendus en pharmacie. Cette dernière révélation complique davantage la riposte contre le phénomène dans nos pays. Déjà, l’on a du mal à contrer le phénomène des médicaments de la rue. Au Burkina, par exemple, l’on peut même se poser la question de savoir si l’Etat n’a pas totalement abdiqué face à ce phénomène.

 

Aucun effort n’est de trop pour traquer le trafic des faux médicaments

 

En tout cas, l’on peut faire le constat qu’à tous les carrefours des grandes villes ainsi que sur bien des étals de certains marchés et yaars, l’on vend publiquement ces médicaments. Par endroits, même ceux qui s’adonnent à cette activité se découvrent des compétences de médecin. Ainsi, ils se permettent de poser des diagnostics et prescrivent à leurs ‘’patients’’ des produits qu’ils ont dans leurs valises. Malheureusement, les populations, par ignorance, leur font confiance. De ce fait, elles protègent très souvent « ces vendeurs de la mort » face aux descentes musclées des forces de l’ordre pour les traquer. Or, selon des sources dignes de foi, ces médicaments non seulement ne soignent pas mais, en plus, ils tuent. En tout cas, l’OMS est formelle sur cela. C’est pourquoi l’appel à la criminalisation du trafic des faux médicaments, que viennent de lancer des chefs d’Etat africains vaut son pesant… de santé. Mais en plus de ce volet de la lutte, il faut envisager d’autres pistes. La première est de mener des campagnes de sensibilisation efficaces sur les inconvénients des faux médicaments. Et les images, dans le contexte de notre pays marqué comme on le sait par l’analphabétisation, sont plus pertinentes que  les écrits. En plus de cela, il faut davantage faire la promotion des médicaments génériques. Car, il faut le dire, les faux médicaments prospèrent dans les pays où règnent la pauvreté et la misère. Agir donc sur les coûts des produits pharmaceutiques de manière à les adapter à la bourse des pauvres, peut contribuer, de façon significative, à réduire le phénomène des médicaments falsifiés.

En tout cas, aucun effort n’est de trop pour traquer le trafic des faux médicaments. Et c’est à juste titre que l’ancien Premier ministre sénégalais, Aminata Touré, le qualifie de « carnage silencieux ».

 

P.K

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