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BILSON, ARTISTE-MUSICIEN: « La musique burkinabè évolue positivement »

Bilson, à l’état civil Ouédraogo Somkièta Adama Adolphe, est un jeune artiste-musicien originaire du Centre-Nord du Burkina Faso, plus précisément de la localité de Dargo où il est né. Mais c’est à Bobo-Dioulasso qu’il a grandi et fit ses premiers pas dans le show-biz en tant que disc-jockey. En 2006, il est révélé au public grâce à son tout premier album baptisé « Djakoumani » dans le registre coupé-décalé. Son second opus « Soyons sérieux » sort en 2012 suivi de « Jésus Christ est Seigneur » en 2016. Il ajoute d’autres styles musicaux à ses productions et sort en 2018 « Qu’on veut qu’on veut, Jésus Christ est Seigneur ». L’artiste a également au compteur des singles comme « Covid-19 » et « Efficacité énergétique ». A travers cette interview qu’il a bien voulu nous accorder en ce début d’année au sein de sa structure My City, Bilson nous parle de ses débuts dans la musique, fait un bilan de sa carrière, jette un regard critique sur l’évolution de la musique burkinabè, nous fait revivre certains souvenirs, aborde d’autres sujets et lève le voile sur sa situation matrimoniale. Lisez plutôt.

 

Evasion : Comment allez-vous ?

Bilson : Je me porte très bien.

 

Comment vous êtes-vous retrouvé dans la chanson ?

 

J’ai commencé en tant que disc-jockey dans les années 2004 à Bobo-Dioulasso car j’étais passionné de musique depuis la tendre enfance. Ensuite avec l’avènement du coupé-décalé, j’ai sorti un premier album qui a beaucoup marché.

 

Quels souvenirs gardez-vous de votre tout premier titre « Djakoumani » qui fut un véritable succès ?

 

Ça été une période qui m’a beaucoup révélé. Jusqu’aujourd’hui, quand on parle de Bilson, on fait allusion à cette chanson. Il faut dire que ça été une très belle expérience. J’ai rencontré des grandes personnes de la musique, j’ai pu sortir du pays et j’ai pu collaborer avec d’autres artistes à l’international. Ce sont de beaux souvenirs que je ne peux pas oublier.

 

Est-ce que ce succès a été commercial ?

 

Je dirai oui. A l’époque, l’argent que nous gagnions n’est pas ce que nos petits frères gagnent aujourd’hui. De nos jours, les cachets ont vraiment monté.

 

A combien étaient évalués vos cachets à l’époque ?

 

(Il éclate de rire)… C’était autour de 15 000 F CFA. Aujourd’hui, les cachets des artistes tournent autour  d’un million à trois millions de francs CFA.

 

Pourquoi du coupé-décalé qui vous a bien réussi, vous êtes- vous retourné vers d’autres styles musicaux ?

 

Je me dis que ça dépend de la thématique que j’aborde. Je me retrouve un peu dans un registre de variété.

 

On vous voit rarement sur les scènes, qu’est-ce qui justifie cela ?

 

Je ne suis pas rare sur les scènes, je n’ai pas du tout relâché. J’ai simplement adopté une autre façon de faire la musique. Actuellement, je fais beaucoup de chansons de sensibilisation. Je suis sur d’autres scènes et pas assez dans les bars.

 

Est-ce que ce choix vous nourrit?

 

Oui bien sûr. Ce sont des contrats avec les institutions. Même si je ne joue pas tous les jours, le jour que je signe un contrat, c’est consistant. Et puis il n’y a pas assez de bruit dans cette option, voilà pourquoi on a l’impression que j’ai disparu de la scène.

 

Quel bilan faites-vous de votre carrière ?

 

C’est un bilan positif et je me dis que c’est toujours une école. On continue d’apprendre. Et avec tout ce qu’on a engrangé comme expérience, il y a la maturité et on essaie d’asseoir quelque chose d’excellent pour les mélomanes.

 

Et quelle est la difficulté majeure d’un jeune artiste comme vous ?

 

La difficulté majeure réside au niveau de la promotion de nos œuvres. Aujourd’hui, il est plus difficile de faire connaître son œuvre à travers les médias que d’entrer en studio.

 

Pouvez-vous nous parler de vos projets ?

 

Il y a une campagne de proximité en ce qui concerne les énergies renouvelables avec mon nouveau single « Efficacité énergétique » qui sera bientôt lancée.

 

Qu’est-ce que MY CITY ?

 

Au-delà de ma carrière d’artiste, je fais la réalisation et le montage de clips et autres projets audio-visuels. Donc, c’est cette structure que je coordonne qui assure ces projets. Je gère également la direction artistique de certains créateurs qui viennent enregistrer dans nos studios. Mon pied à terre c’est vraiment les studios My City.

 

Et quel est votre quotidien ?

 

Je regarde et je réfléchis sur tout ce qui se passe autour de moi pour écrire mes chansons afin d’apporter tout ce qui est neuf. Je partage mes journées avec mes frères artistes et mes rendez-vous au sein de notre structure.

 

Vivez-vous de votre art ?

 

Oui, on peut le dire car je ne fais pas autre chose en dehors de la musique.

 

Quels sont vos vœux pour cette nouvelle année 2021 ?

 

Que Dieu le Tout-Puissant garde la paix au Burkina Faso. Et que vivement qu’on n’entende plus parler de coronavirus qui a beaucoup impacté négativement le domaine culturel. Je souhaite que tout reparte comme avant afin que nous puissions offrir de belles choses aux mélomanes.

 

Qu’avez-vous à dire à vos fans ?

 

Je les aime. Je leur dis merci pour l’accompagnement et je suis reconnaissant envers tous ceux qui ont cru en moi.

 

Quel est votre regard sur l’évolution de la musique burkinabè ?

 

Elle évolue positivement, il y a de belles choses qui se font. Aujourd’hui, il y a des buzz, les gens se lâchent et chapeau bas à tous les acteurs culturels.

 

Pouvez-vous lever le voile sur votre situation matrimoniale ?

 

Je suis célibataire et père d’un garçon de 14 ans.

 

Quel est votre mot de la fin ?

 

Je dis merci à l’ensemble de la presse culturelle et plus particulièrement à toute l’équipe d’Evasion. Merci à vous Kerson pour l’accompagnement depuis le début de ma carrière. Vive la musique.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

 

 

 

 

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