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BIBA OUASSIN, ARTISTE- MUSICIENNE: « Nous avons aussi une vie rangée comme les femmes d’autres corps de métier »

Originaire la région de la Boucle du Mouhoun, Biba Ouassin est née à Safané et a passé son enfance à Tougan dans la province du Sourou. Avec trois albums et un maxi au compteur, elle a sorti en 2001 « Djiguiya », « Mousso » en 2004 et « Douhaou » en 2017. Dans cette interview qu’elle nous a accordé, l’artiste nous parle de son actualité, de ses projets, des difficultés que rencontre la femme dans le milieu du showbiz, de sa situation matrimoniale et bien d’autres choses. Lisez plutôt.

 

 

Evasion : Quel bilan faites-vous de votre carrière après trois albums ?

 

Biba Ouassin : Je rends grâce à Dieu, je peux dire que le bilan est positif parce que mes productions m’ont permise de faire des tournées nationales, africaines et européennes.

 

Cela veut-il dire que vous vivez de votre art ?

 

Je peux vraiment le dire, car j’arrive à subvenir à mes besoins grâce à la musique et je pense que c’est l’essentiel.

 

Pouvez-vous nous parler de votre récente tournée européenne ?

 

Cette tournée s’est très bien passée. J’étais allée pour la première fois à Paris pour la nuit du Faso danfani. Ensuite, j’ai été invitée pour quelques spectacles en Suisse pour des soirées de métissage en compagnie d’autres artistes de pays africains comme le Cameroun, le Congo et de la Côte d’Ivoire. Ce fut une très belle expérience pour moi.

Quel est le positionnement des artistes burkinabè en Europe ?

 

Il y a certains qui sortent la tête de l’eau, c’est vrai qu’il y a encore beaucoup à faire mais l’avenir est prometteur. En ce qui me concerne, ma musique est bien appréciée là-bas, je ne sais pas si c’est parce que je fais du mandingue. Quand je suis sur les scènes en Europe et que la foule est debout et danse pendant toute la soirée, je ne peux qu’être satisfaite.

 

Qu’est-ce qui justifie l’influence de cette musique mandingue sur vos chansons ?

 

Je peux dire que je suis un peu malienne, car je viens de la région de la Boucle du Mouhoun. Tougan n’est pas loin du Mali, les origines des Samo sont au Mali, mais après tout, nous sommes des Africains.

 

Quels sont vos projets actuellement ?

 

J’ai plein de projets en cours. Si tout se passe bien, j’ai une tournée internationale qui va commencer au mois de mars. Entre mai et juin, je serai en Italie pour trois mois de concerts. Et cette année encore, je serai en France pour la nuit du Faso danfani.

 

De toutes ces tournées, y a-t-il eu des contacts pour des featurings avec des artistes d’autres pays ?

 

Oui, il y a plein de projets dans ce sens. Je suis en relation avec des artistes camerounaises pour une collaboration sur mes prochaines chansons.

 

Lesquelles ?

 

Récemment, j’étais avec Lady Ponce en Suisse, nous avons échangé sur une collaboration de créations. Il y a également Mani Bella. Il y a aussi une nouvelle étoile montante de la musique camerounaise qui est une amie, on a prévu de faire un featuring ensemble, elle s’appelle Cheile Bordeau.

 

Quelle est la difficulté majeure que rencontre une femme en tant qu’artiste?

 

(Eclats de rire) … Quand on est une femme dans ce milieu, ce n’est pas facile. Notre nom est gâté, on nous colle des stéréotypes, ce qu’on ne fait pas, alors que ce n’est pas le cas. Nous avons aussi une vie rangée comme les femmes d’autres corps de métier.

 

Quels sont ces stéréotypes ?

 

Les gens disent que nous les femmes artistes sont des femmes faciles, que nous avons les jambes légères. Je dis non.

 

Quels sont vos rapports avec les autres artistes burkinabè ?

Je n’ai pas de problème avec quelqu’un.  

 

Quelle est votre situation matrimoniale ?

 

Je ne suis pas mariée mais mon cœur n’est pas à prendre. J’ai des enfants mais je n’en dirai pas le nombre.

 

Quels sont vos vœux pour cette année nouvelle ?

 

Je souhaite la paix pour notre cher pays le Burkina, la santé à tout le monde, la longévité et surtout beaucoup de gombos pour nous les artistes.

 

Nous constatons que vous venez de vous offrir une grosse cylindrée, peut-on dire que 2018 commence bien pour vous?

 

(Eclats de rire) … Je ne vous ai rien dit à ce sujet. En venant pour cette interview, c’est vous-même qui l’avez constaté. Je peux répondre oui à votre question car je viens de prendre une nouvelle voiture Toyota Hilinder.

 

Avez-vous autre chose à ajouter ?

 

Je vous remercie pour tout ce que vous faites pour nous les artistes. Le meilleur reste à venir. Je profite de l’occasion pour dire que mon quatrième album est en cours de réalisation et la sortie est prévue pour cette année.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar KERE KERSON

 

 

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