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BEN KELLY, MANAGER D’ARTISTES ET DIRECTEUR DU VEMAO: « Je demande à tous les Burkinabè de respecter les consignes-barrières

 

Né à Bagayo à une quinzaine de kilomètres de Daloa en république de Côte d’Ivoire, Ben Kelly à l’état civil Kaboré Ben Idrissa est originaire de Sabou dans le Centre-Ouest du Burkina Faso. Manager d’artistes, il est également le directeur du Village d’Expression des Musiques Africaines de Ouagadougou (VEMAO). Plusieurs artistes sont passés sous sa coupe en l’occurrence Floby, Bezou, Hamed Smani, Miss Wedra et bien d’autres. A travers cette interview qu’il a bien voulu nous accorder, il nous parle de sa carrière d’artiste chanteur, de manager, jette un regard critique sur les jeunes managers du moment et l’évolution de la musique burkinabè, parle de ses projets, lève le voile sur sa situation matrimoniale et aborde sans détour d’autres sujets. Lisez plutôt!

 

Evasion : comment allez-vous ?

 

Ben Kelly : je vais très bien. C’est vrai qu’on est dans un moment de confinement, c’est très difficile pour notre domaine mais côté santé, je vais bien.

 

D’où vient cette passion pour la culture ?

 

La passion est née depuis l’enfance en Côte d’Ivoire. J’ai été un artiste chanteur dans les années 90 une chose dont je ne parle pas assez. J’ai même fait une maquette en 1999 avec Prince Edouard Ouédraogo à Abidjan, une œuvre qui malheureusement n’a pas vu le jour mais qui m’a permis de remplir le théâtre populaire de Koudougou et des amphis de plus de 600 places à l’université de Ouagadougou.

 

Et pourquoi n’y-a-t-il pas eu de suite pour votre carrière musicale ?

 

Peut-être que j’étais un peu déçu car j’ai vraiment cru en cette carrière. C’était au début de Seydoni production, c’était pratiquement la seule maison de production en son temps, j’y ai déposé mon album qui n’a pas été validé, je ne sais pas pourquoi.

 

Comment êtes-vous devenu un manager d’artistes ?

 

Avant d’être un manager d’artistes, j’ai été un promoteur de spectacles. J’ai travaillé en son temps à Tam-Tam production de Chil B en 2004, je profite au passage lui dire bonjour. C’est dans cette structure que j’ai été pour la première fois un salarié dans le domaine du show-biz. J’y ai commencé en tant qu’agent de liaison et les week-ends, je programmais des spectacles avec les artistes et par la suite, le management est venu au fil des expériences acquises sur le terrain.

 

A combien était évalué votre tout premier salaire dans le show-biz ?

 

(Il éclate de rire)… C’était 30 000 F CFA en son temps.

 

Quelle lecture faites-vous des jeunes managers du moment ?

 

Je suis vraiment désolé de la jeunesse d’aujourd’hui. Ils sont limités à Facebook seulement alors que le management, c’est un carnet d’adresses. Je vois beaucoup de jeunes managers ici à Ouagadougou qui ne peuvent même pas donner un spectacle à leurs artistes. Si le manager n’est pas international, le minimum est d’avoir une force de frappe au plan national. Il faut avoir les relations avec les provinces, c’est ce qui fait de toi un bon manager. Le manager est la source de revenus de l’artiste.

 

Et quel est votre regard sur l’évolution de la musique burkinabè ?

 

Sincèrement, je constate que la musique burkinabè a pris un frein. Si l’on recule dix ans en arrière, on avait des artistes qui vendaient des centaines de milliers d’exemplaires de disques. Aujourd’hui, ils ne peuvent même pas vendre une centaine de disques.

 

Le contexte n’est-il pas mondial ?

 

Ce n’est pas une raison, il faut savoir s’adapter au contexte du moment. C’est ce qui justifie la fermeture de certaines maisons de production.

 

Quels souvenirs gardez-vous de Floby que vous avez coaché sous votre label Wend-panga production ?

 

Floby est un artiste avec qui on peut réaliser tous les rêves, avec qui on fonce sans crainte. L’artiste a quelque chose en lui qu’il n’arrive pas lui-même à justifier.

 

Quelles sont vos relations avec lui après votre séparation fracassante ?

 

On a toujours gardé les liens. C’est une relation de grand frère et petit frère. Dans un contrat professionnel, il y a toujours une fin. Chacun a compris ses erreurs et aujourd’hui, nous sommes de meilleurs amis.

 

Vivez-vous de la culture ?

 

Oui, je vis de la culture. Je n’ai rien d’autres à faire à part le management et la production.

 

Quels sont vos projets ?

 

Coronavirus est venu nous apprendre que dans la vie, il faut un second métier. Je suis en production avec Hamed Smani pour son prochain album de haute qualité qui sortira en 2021 à cause de la crise sanitaire du Covid-19. Mais nous lancerons un single d’ici là pour annoncer les couleurs de l’album. Je suis en studio également avec Niky Rélwendé. J’ai également un projet d’élevage qui me tient à cœur.

 

Pouvez-vous nous présenter le VEMAO que vous avez créé ?

 

C’est le Village d’Expression des Musiques Africaines de Ouagadougou. C’est un festival que nous avons voulu panafricain. Nous sommes à la 4e édition qui devrait se tenir du 2 au 5 avril dernier et qui n’a pas eu lieu à cause du coronavirus. Il a été reporté à une date ultérieure. C’est un festival de promotion de musiques modernes et traditionnelles avec des artistes nationaux et internationaux.

 

Quel est votre quotidien ?

 

Mon quotidien est plus marqué par mes stratégies de recherches de spectacles pour mon artiste Hamed Smani et la gestion de ma petite famille.

 

Peut-on savoir votre situation matrimoniale ?

 

Je suis père de deux enfants, je ne suis pas encore marié, mais je vis en concubinage avec une femme avec qui nous attendons un bébé.

 

Qu’avez-vous à dire ?

 

Je demande à tous les Burkinabè de respecter les mesures barrières face au coronavirus. Je demande à ceux qui veulent venir dans le monde du show-biz d’avoir d’abord la passion de ce milieu. Merci à Evasion pour cette marque de considération à ma modeste personne. Je souhaite la santé et la paix pour mon pays.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

 

 

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