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Bella Bellow

Aînée d’une fratrie de sept enfants, Georgette Nafia alias Bella Bellow est née le 1er janvier 1945 à Tsévié. Elle s’intéresse beaucoup à la musique très tôt. Une fois ses études primaires et secondaires terminées, elle se rend à Abidjan pour une formation en secrétariat et profite pour suivre des cours de solfège à l’Institut des Arts. En 1965, elle chante à Cotonou à l’occasion de la fête de l’indépendance du Bénin, l’ex-Dahomey. En 1966, sa participation au premier Festival mondial des arts nègres à Dakar au Sénégal lui ouvre les portes d’une consécration internationale. Son ancien professeur de dessin au Lycée de Sokodé, Paul Ahyi, peintre togolais et concepteur du drapeau togolais, lui  organise une rencontre avec Gérard Akueson qui devient son mentor. Il rassemble autour d’elle une équipe de musiciens aguerris : Slim Pezin à la guitare, Jeannot Madingué à la  basse, Bens’s à la batterie et Manu Dibango au clavier et à l’arrangement. Elle enregistre en 1969 Rockya, son premier album, sous le nom d’artiste Bella Bellow. Elle met ensuite sur pied son propre groupe, Gabada. Après le Festival panafricain d’Alger où elle rencontre la Sud –africaine Myriam Makeba, elle se produit à l’Olympia à Paris. Elle participe ensuite à plusieurs concerts en Europe, aux Antilles notamment en Guadeloupe et Guyane, et au Festival de chanson populaire de Rio de Janeiro au Brésil. En janvier 1972, elle se marie avec un magistrat togolais, Théophile Jamier-Lévy, et donne naissance quelques mois plus tard à Nadia Elsa, une fille et l’unique enfant du couple. Elle fait sa rentrée, par la suite, au Centre culturel français de Lomé et prépare une tournée musicale aux Etats- Unis avec le Camerounais Manu Dibango. Mais, en revenant d’Atakpamé le 10 décembre 1973 en direction de Lomé, elle meurt dans un accident de la circulation à Lilikopé, non loin de Tsévié, deuxième ville togolaise située au nord, après Lomé. Elle n’avait que 27 ans. Au Togo, le prix Bella Bellow de la musique tradi-moderne, en hommage à la diva, récompense les artistes qui s’illustrent dans la musique traditionnelle africaine. Bella Bellow était une véritable  étoile au firmament de la chanson africaine des années 60 et 70. Mais, elle n’eut pas une carrière à la hauteur de ses potentialités. Toute jeune, elle était sollicitée pour régaler le public dans les manifestations scolaires et fêtes populaires. Sa voix chaude et veloutée et sa prédisposition pour la musique seront le point de départ d’une prometteuse carrière artistique. Etant l’une des plus grandes chanteuses de l’Afrique francophone à l’époque, Bella Bellow chantera en 1965 pour feu le président Hubert Maga, à l’occasion de la fête de l’indépendance du Bénin. Bella Bellow a facilité l’entrée dans le domaine musical à de nombreuses générations d’artistes : feue Abéti Masikini l’a chanté dans le morceau « Ngoyaye Bella Bellow » (Hommage à Bella Bellow), le Béninois Oscar Kidjo, le frère d’Angélique Kidjo, lui a rendu hommage à travers Ekou Wo noubla nyuinoulo (la mort  a semé le désarroi) sur l’album Pretty. De nombreux titres faisant partie intégrante de sa discographie sont diversement repris par de nombreux artistes notamment feue Julie Akofa, Akoussah, Djifa, Vicky Bila, Afia Mala, Dee Kwarel, Feliaho (Oholou Octave) et Vanessa Worou. Cette dernière lui a consacré une ode  titrée « Ma Bella ». Bella Bellow a disparu, mais son œuvre demeure et continue d’entretenir le patrimoine culturel du Togo.

 

Evariste Télesphore NIKIEMA

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