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BASS MANDELSON, artiste-musicien : « Nous ne vivons pas une vraie démocratie en Afrique »

A l’état civil Bassabati Sanogo, Bass Mandelson est né à Bobo et est originaire du quartier mythique Dioulassoba de la ville de Sya où il a grandi jusqu’à l’âge de douze ans avant de se rendre en Côte d’Ivoire pour ses études primaires et secondaires. Auteur d’un album à succès dans les années 98, le reggae-maker qui n’a pas sa langue dans sa poche, vit à Lyon en France depuis pratiquement deux décennies. Il est au bercail depuis bientôt deux semaines et a bien voulu nous accorder une interview, le week-end écoulé, sur la terrasse de Radio Jeunesse. Dans l’interview, l’artiste nous parle de son quotidien en France, de son retour sur la scène à travers son nouveau single, de son album qui l’a mis sous les feux des projecteurs et jette un regard critique sur l’évolution de la musique burkinabè. Lisez plutôt.

 

EVASION : Comment allez-vous ?

 

Bass Mandelson : Je vais très bien, mon seule envie est de revenir sur la scène. C’est pour cela que je suis là avec un single qui s’intitule « Liguidi kadi ». C’est pour préparer le terrain pour mon come-back.

 

Vous êtes au bercail depuis bientôt deux semaines, est-ce réellement pour la promotion du nouveau single ou est-ce plutôt pour les vacances ?

 

C’est pour le retour à la scène. Il y a un autre single qui est en cours de réalisation  et qui aura pour titre « Africa-Afrique ». Il parle de l’Afrique en Afrique pour l’Afrique. Après sa sortie, il y aura celle de l’album qui va suivre au mois de décembre prochain.

 

Pouvez-vous nous parler de votre nouveau single « Liguidi kadi » ?

 

Il a été enregistré à cheval entre la France et le Burkina avec des musiciens comme Salia Koné, Issouf Diabaté dit La Légende et Awa Mélone pour les chœurs. Son mastering a été fait en France. Dans ce single, je parle de l’argent qui est aujourd’hui le nerf de la guerre.

 

Après le succès du titre « Démocratisez » extrait de votre premier opus sorti en 1998 et étant l’un des précurseurs du reggae burkinabè, quels souvenirs gardez-vous de vos années de gloire ?

 

Je vais rectifier quelque chose, je ne suis pas l’un des premiers reggaemakers burkinabè, mais je suis le premier reggaeman du Burkina Faso, ça, il faut qu’on se le dise. C’est une satisfaction, car l’arbre que j’ai planté, a porté des fruits. Aujourd’hui, le reggae au Burkina est reconnu comme une musique posée. Il y a beaucoup de jeunes artistes qui ont émergé, à travers moi, dans ce style musical et cela me fait honneur. Beaucoup ont cru en moi et sont sur la scène, certains de ces artistes me témoignent cette reconnaissance tant à Bobo-Dioulasso qu’à Ouagadougou.

 

Il est bien vrai que vous écumez beaucoup les scènes européennes mais comment se fera votre retour au bercail sans un staff ici ?

 

C’est ce que je suis en train de faire, la constitution de mon staff. Je serai bientôt en tournée au Burkina pour la reconquête de mon public.

 

Vos chansons donnent l’impression que vous êtes un révolté, est-ce exact ?

 

Oui, je suis un révolté et je suis révolté contre ce qui se passe, pas seulement au Burkina, mais en Afrique. Je pense que nos dirigeants africains s’en foutent du peuple, nos dirigeants nous font honte et n’ont pas honte, cela me révolte. J’ai toujours été un artiste engagé et je le serai jusqu’à la fin de mes jours.

 

Quel est votre message à l’endroit de vos fans ?

 

Il est vrai que j’ai fait un seul album qui a parcouru le temps et les fans ne connaissent que le titre « Démocratisez », alors qu’il y a beaucoup d’autres chansons comme « Yelemani massa » et « Le chant du pardon » qui ont traversé le temps. « Démocratisez » est toujours d’actualité, cela veut dire que j’étais vingt ans en avance sur mon temps. Ce n’est pas une vraie démocratie que nous vivons en Afrique. Si sur une population de vingt millions d’habitants, on se retrouve avec six millions d’inscrits sur une liste électorale avec, à la fin du scrutin, un Président élu par un million de votants, c’est déplorable et il faut que ça change. A mes fans, je leur dirai que je suis de retour pour leur bonheur, je serai avec eux dans quelques semaines pour des concerts de proximité, je les aime.

 

Quel est votre regard sur l’évolution de la musique burkinabè et du reggae en particulier ?

 

Je suis fier de la musique burkinabè et du reggae surtout.

 

La musique burkinabè est-elle bien connue en France ?

 

La musique traditionnelle oui, mais pas la musique moderne. Alors, il y a du travail à faire à ce niveau, car  la musique burkinabè n’est pas bien connue en France. Le Burkina est un pays de culture et il va falloir que les artistes travaillent à l’imposer hors de nos frontières. On a des artistes comme Floby ou Smarty qui réalisent de belles œuvres.

 

Quel est votre quotidien en France ?

 

A Lyon, je suis dans la musique et j’y travaille tous les jours. Après elle, il y a la famille.

 

Quelle est votre situation matrimoniale ?

 

Moi, je n’aime pas parler de ma vie privée. On ne peut pas mélanger vie privée et celle professionnelle.

 

Pour terminer cette interview, quel est votre message ?

 

Je dis à mes fans qu’ils peuvent compter sur moi, car il y a encore beaucoup de messages à faire passer. Comme l’homme est éternellement sourd, il faut éternellement lui répéter certaines choses. Merci à votre rédaction pour l’approche afin que je m’exprime à travers vos colonnes.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kere KERSON

 

 

 

 

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