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AUTORITE DE L’ETAT ET TRANSPARENCE: Deux valeurs nécessaires pour la lutte contre le Covid-19

by Evasion Magazine

De plus en plus, les réseaux sociaux, au Burkina, évoquent des sujets en rapport avec le Covid-19. Pendant que certains mettent en doute l’efficacité des mesures prises par le gouvernement pour faire barrage à la propagation du redoutable virus, d’autres se montrent très critiques sur la manière dont les malades du Covid-19 sont pris en charge par les structures sanitaires. D’autres encore n’hésitent pas à accuser des personnalités politiques, pratiquement de détournement de fonds destinés à la riposte au Covid-19. Pour voir la bouteille à moitié pleine, l’on peut lier le phénomène à la vitalité de la démocratie. De ce point de vue, personne ne devrait s’en offusquer car la démocratie se nourrit de la liberté d’expression. Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. En effet, quand on fait la balance entre infos et intox, l’on peut se rendre vite compte que la part des fake news est considérable. Et cela constitue un  véritable poison pour la démocratie. Car, celle-ci ne peut prospérer dans un environnement où la volonté de nuire par tous les moyens, prend le pas sur le souci d’informer sainement la population sur les sujets d’intérêt national. Et par ces temps où le Covid-19 sévit, tout doit être mis en œuvre pour traquer les auteurs des fake news de sorte à ne pas en rajouter à la psychose et au désarroi des populations. Cette option est d’autant plus impérative que l’on peut avoir l’impression que les adeptes  de la mythomanie et du mensonge pathologique ont pris l’engagement de scier le moral du personnel soignant et de placer le pays sous l’emprise du défaitisme et de la peur permanente. Cette stratégie a été utilisée pour démoraliser les soldats face au terrorisme. Cette fois-ci, elle est en train d’être expérimentée, peut –on dire, pour saper tous les efforts du pays pour contrer le Covid-19. C’est pourquoi, des armes s’imposent aujourd’hui pour mieux lutter contre le Covid-19 au Burkina. La première est la restauration de l’autorité de l’Etat. En période de crise sanitaire ou sécuritaire, l’Etat a le devoir régalien d’assainir les réseaux sociaux.

 

L’Etat doit se donner les moyens légaux pour sévir contre les contrevenants

 

Cela se passe dans d’autres contrées. Très souvent, l’on voit des Burkinabè applaudir des deux mains la gestion du Covid-19 par le régime de Paul Kagamé. Ce qu’ils ne savent pas ou feignent de ne pas savoir, c’est que chez l’homme mince de Kigali, il ne viendrait à l’esprit de personne de prendre des libertés avec les mesures du gouvernement prises dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Le problème au Burkina est que tout le monde est partant pour les omelettes mais personne ne veut qu’on casse les œufs pour les préparer. Cela se traduit au quotidien par une violation caractérisée des mesures barrières prises par le gouvernement pour endiguer la propagation du Covid-19. L’une de ces mesures violées parfois en toute impunité, est, de toute évidence, l’observation du couvre-feu. C’est pourquoi l’Etat doit se donner les moyens légaux pour sévir contre les contrevenants. Et sans faire la promotion des sévices corporels, il ne faut pas oublier que le premier pas vers le civisme et la sagesse en République, commence par «  la peur du gendarme ». Et cela n’est pas propre au Burkina. Cela s’observe sous toutes les latitudes. Comment la justice peut-elle y contribuer ? La question mérite d’être posée. Ce ne devrait seulement être l’affaire des gouvernants. A Wuhan, en Chine,  c’est la discipline individuelle et collective des citoyens qui a permis de mieux riposter contre le Covid-19. Et cela a été possible parce que l’autorité de l’Etat chinois est sacrée. D’ailleurs, il ne pouvait pas en être autrement pour un Etat communiste. En tout cas, les pays où l’autorité de l’Etat est défaillante et où l’indiscipline est le sport favori des citoyens, risquent de le payer cash face au Covid-19. L’autre arme pour mieux gérer le Covid-19 au Burkina, c’est la transparence. En effet, il se pose aujourd’hui avec acuité, au Burkina, un manque de confiance entre gouvernants et gouvernés. Et parfois, c’est le comportement des premiers qui installe les seconds dans une position où ils doutent de tout. C’est pourquoi, aujourd’hui plus que jamais, toutes les actions posées par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, doivent se faire dans la transparence totale. De ce point de vue, il faut déjà penser en aval à un audit des fonds alloués à la lutte contre le Covid-19. C’est vrai, les Burkinabè en ont  une peur bleue mais l’audit est un instrument efficace de bonne gouvernance. En attendant, tous ceux qui gèrent ces fonds doivent être l’objet de contrôles réguliers et inopinés de sorte à leur imposer une gestion vertueuse de ces fonds. D’ailleurs, c’est la transparence absolue dans leur gestion, qui peut  contribuer à  réduire l’audience des fake news auprès des populations. A ces deux armes pour mieux lutter contre le Covid-19, l’on peut ajouter la sanction pour l’exemple de ceux  qui seraient tentés de gérer les fonds du Covid-19 comme les recettes de leur jardin potager. En tout cas, rien n’est de trop pour en assurer une gestion vertueuse. Car, une personne qui peut se donner des libertés dans la gestion de ces fonds, aura atteint le degré absolu de l’indécence morale.

 

PK

 

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