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AUGMENTATION DU PRIX DU CARBURANT Une pilule difficile à avaler par les populations

La nouvelle est tombée comme un couperet. Le prix du litre d’essence et celui du gasoil ont augmenté de 75 F CFA à la pompe. Ainsi en a décidé le Conseil des ministres en sa séance du 8 novembre dernier, avec effet immédiat. Pour quelle raison ? Pour le gouvernement, il est notamment question de « sécuriser les hydrocarbures au Burkina Faso ». En tout cas, le moins que l’on puisse dire, c’est que cette augmentation a bien du mal à passer au sein de l’opinion publique nationale en général, qui y voit une autre forme de pressurisation du citoyen. Certains vont jusqu’à dire que le gouvernement est en train de vouloir reprendre autrement les augmentations salariales qu’il a concédées au cas par cas, aux travailleurs. Il veut récupérer par la main gauche ce qu’il a donné avec la main droite. En fait, des augmentations du prix du carburant, le Burkina en a connu de par le passé. Mais il faut avoir le courage de reconnaître que c’est la première fois qu’une augmentation a atteint un tel niveau. 75 F CFA sur le litre, c’est franchement énorme. Surtout en cette période de vaches maigres où les Burkinabè tirent le diable par la queue, frappés qu’ils sont de plein fouet par la récession économique que vit le pays depuis l’insurrection populaire d’octobre 2014. On le sait, l’argent ne circule plus  si fait que certains ont du mal à manger à leur faim à plus forte raison, assurer la scolarité de leurs enfants. Pendant ce temps, la vie devient de plus en plus chère. Comme le dit l’artiste, « viima ya kanga (la vie est dure) ». Alors, qu’est-ce qui a pu bien pousser le gouvernement à en rajouter à la galère des Burkinabè ? Même l’effort de guerre et l’augmentation du prix du baril au niveau mondial dont parlent certains, ne sauraient expliquer cette augmentation soudaine et vertigineuse d’autant que les partenaires sociaux disent n’avoir pas été associés à cette prise de décision.

 

Tout le monde n’a pas la possibilité de se payer un litre d’essence avec aisance

 

 

En tout cas, le gouvernement voudrait compliquer sa situation qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Car, il y a fort à parier que cette mesure d’augmentation du prix du carburant, provoquera des tensions sociales ; en témoigne la réaction de la Coalition contre la vie chère, la corruption, la fraude, l’impunité et pour les libertés (CCVC) qui appelle déjà ses militants à la mobilisation, en vue, dit-elle, d’un prochain mot d’ordre.

Franchement, comme disait quelqu’un, ce n’est pas normal que les Maliens qui traversent notre territoire de tout son long avec du carburant, le revendent moins cher chez eux, que nous.

En fait, si la Nationale des hydrocarbures a des tensions de trésorerie, pourquoi ne pas libéraliser le secteur ? D’autres pays l’ont fait mais ils n’ont pas pour autant disparu de la carte. Il faut que l’on ait de courage de se dire la vérité. Sinon, l’on ne pourra pas avancer. C’est pourquoi il y a lieu d’appeler le gouvernement à plus d’altruisme. Car, comme on le sait, tout le monde n’a pas la possibilité de se payer un litre d’essence et d’en payer à ses enfants qui vont à l’école comme le ferait avec beaucoup d’aisance un ministre ou un député de la République.

 

B.O

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