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Alphonse Tougouma, Directeur général du Fonds de développement culturel et touristique (FDCT): « Nous venons de loin en matière de musique »

Installé depuis septembre 2016 comme le tout premier directeur général du Fonds pour le développement culturel et touristique (FDCT), Alphonse Tougouma, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est né à Bama à 25 km de Bobo-Dioulasso où il a grandi.  Cet originaire de Koupèla a fait montre d’un certain dynamisme au sein du ministère de la Culture, des arts et du tourisme avant de se retrouver  à la tête de cette structure qui est un mécanisme d’accompagnement de l’industrie de la culture et du tourisme au Burkina Faso. Malgré son programme assez chargé, il a bien voulu nous accorder cette interview au cours de laquelle il est revenu sur son parcours, a présenté le FDCT, jeté un regard critique sur l’industrie culturelle et touristique, parlé de son quotidien et levé le voile sur sa situation matrimoniale. Lisez plutôt ! 

 

Evasion : Comment allez-vous ?

 

Alphonse Tougouma : Je vais bien merci.

 

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs afin qu’ils puissent mieux vous connaître ?

 

Quand on me demande où je suis né, j’aime dire que je suis né au Burkina Faso et je suis africain. C’est en voulant dire d’où je viens, particulariser le village ou la ville qu’on en arrive à dire que certains sont de telle localité et ne sont pas originaires de telle ou telle localité. Et pour ce qui est de mon cas particulier, je suis né à Bama à 25 kilomètres de Bobo-Dioulasso dans un village bobo où j’ai grandi. J’ai fait mes études secondaires au collège de Tounouma garçon et mon premier poste de travail, c’était à Dédougou. Si vous me demandez d’où je suis originaire, ça va être difficile, parce qu’en réalité, je suis un Tougouma de Koupèla mais notre village est territorialement rattaché à la province du N’Gourma. Vous voyez bien que quelqu’un comme moi doit être gêné de dire qu’il est originaire d’ici ou là. Je suis tout simplement burkinabè.

 

Quel a été votre dernier poste avant d’être à la direction du FDCT ?

 

Entretemps, je suis revenu à L’Ecole nationale des régies financières (ENAREF) pour faire le cycle B. Ensuite, j’ai fait un passage éclair à Ouahigouya, deux mois et demi. Après, j’ai été rappelé à Ouagadougou pour être mis à la disposition du ministère de la Culture, des arts et du tourisme. Donc, depuis 2005, je suis au ministère de la Culture. J’ai commencé comme agent à la DAF, puis chef-comptable. Après ce poste, je suis encore reparti à l’ENAREF pour le cycle A. Et quand je suis sorti, j’ai fais un bref passage au ministère des Enseignements secondaire et supérieur, quelques quatre mois, et j’ai été rappelé de là-bas pour assurer le poste de directeur de l’administration financière sous la transition. A la fin de la transition, pendant que je pliais mes bagages en tant que DAF, on a bien voulu que je démarre le Fonds. Donc, je suis le premier Directeur général du Fonds de développement culturel et touristique (FDCT). J’ai été installé depuis mi-septembre 2016.

 

Que peut-on savoir sur le FDCT ?

 

Le Fonds de développement culturel et touristique est un mécanisme qu’on a mis en place pour accompagner l’industrie de la culture et du tourisme au Burkina Faso. A travers ce Fonds, il y a trois axes d’intervention : un premier axe qui est le financement, un deuxième axe qui est l’accompagnement technique ou si vous voulez le renforcement des capacités, et un troisième axe qui consiste à capter, analyser et produire des informations pour les mettre à la disposition d’éventuels investisseurs dans le domaine de la culture et du tourisme.

 

C’est un Fonds de 22 milliards de F CFA. Est-ce qu’il a été financé par l’Etat burkinabè ou des partenaires étrangers ?

 

C’est vrai, l’étude de faisabilité avait tablé le fonds sur 22 milliards de F CFA mais je suis heureux de vous dire qu’après un an et demi, nous avons réajusté les choses. Le FDCT, c’est désormais 30 milliards de F CFA pour la période de 2020 à 2023. Oui, ce sont les partenaires, l’Etat burkinabè et aussi notre capacité à produire à travers les intérêts que nous allons avoir, à travers certaines prestations qui sont payantes, qui vont mobiliser les 30 milliards.

 

Il y a beaucoup de structures culturelles au Burkina. Quels sont donc les critères de sélection pour qu’on ne dise pas qu’il y a du favoritisme dans la sélection des structures qui bénéficient du soutien du Fonds?

 

Ce qui est intéressant à travers le Fonds, c’est que moi-même qui suis directeur général du Fonds, je ne peux pas influencer un dossier. Il y a un comité qui siège et je suis minoritaire. Je représente une personne sur six dans ce comité. Ce qui est important, c’est la qualité du dossier qui le conduit. A travers les appels à projets, nous faisons appel à des techniciens qui viennent regarder la technicité du dossier. Après cela, les dossiers sont soumis à un deuxième niveau, donc le comité se penche sur le dossier. Tout est fait de façon équitable et transparente. Du reste, en ce qui concerne les dossiers de 2018, nous avons notifié à 150 promoteurs les résultats et jusqu’à l’heure où je vous parle, il n’y a pas eu une seule contestation.

 

Quels sont les projets en cours et ceux à venir ?

 

Nous avons un appel à projets que nous avons sous la main, appel à projets pour 2019, et nous espérons que très bientôt, nous allons le boucler et passer au deuxième appel à projets.

 

Après 2023, quelle sera la suite et est-ce qu’il y a un mécanisme de suivi-évaluation des projets qui ont bénéficié de votre accompagnement ?

 

Il y a un suivi régulier et même très rigoureux des projets que nous finançons. Au-delà des projets que nous finançons, les produits de ces projets nous intéressent. Nous avons fait ensemble la semaine passée, le point d’un certain nombre de projets de 2017, nous les positionnons dans notre dispositif pour voir leur évolution. Je vous rassure qu’il y a certaines évolutions qui nous réconfortent.

 

Si vous vous mettez dans la peau du citoyen lambda, quel est votre regard sur l’évolution de la musique, des acteurs du showbiz et de la culture burkinabè en général ?

 

Avec ce que nous sommes en train de faire, je pense que la structuration va forcément prendre. Quand un individu dépose un dossier à notre niveau, nous allons lui dire que ce n’est pas lui qui nous intéresse, mais plutôt son producteur. Cela permet le développement de la chaîne de la valeur et cela permet une professionnalisation. Figurez-vous bien que lorsque quelqu’un s’autoproduit, d’abord il écrit lui-même ses textes, il est lui-même le chanteur, il cherche l’argent et il entre en studio. Il sort avec ses CD, fait sa propre promotion et organise lui-même ses concerts. Quel que soit le don qu’il a, il est évident que tout ne va pas marcher. C’est comme le paysan, il ne peut pas être au champ en train de cultiver et être au même moment au marché en train de vendre sa production. Il y a l’organisation des filières, nous sommes en train de les réorganiser à travers la confédération nationale de la culture, c’est aussi valable au niveau du tourisme. Pour ce qui est la musique burkinabè, il faut quand même reconnaître qu’il y a de l’évolution. Nous venons de très loin, il n’y a pas longtemps, on pouvait citer deux ou trois artistes qui cartonnent à travers le monde, mais je crois qu’aujourd’hui, il faut se réjouir de voir qu’il y en a qui ont des agendas où ils peuvent passer 90 à 100 jours dans l’année hors du Burkina.

 

Quel est votre quotidien ?

 

(Eclats de rire) … Je n’ai pas un programme particulier. Généralement, je ne prends pas le petit déjeuner parce que nous, on a vécu au village et très tôt le matin, il fallait être au champ. Le matin, quand je me rends au service, la première des choses à faire, est de regarder l’agenda avec la secrétaire. On déroule le programme de la journée mais je peux vous dire que la journée est faite de beaucoup de réunions, de rencontres, de discussions avec les partenaires, d’assistance à des cérémonies, des projets que nous avons financés. Autour de 18h, je prends mon sac d’écolier, parce qu’actuellement, je suis en train de boucler un master en management des projets. Et après 21h, si j’ai quelques amis à rencontrer, je les rencontre. Voilà un peu mon quotidien.

 

Quelle est votre situation matrimoniale ?

 

Je suis marié et père de quatre enfants.

 

Qu’avez-vous à dire pour clore cette interview ?

 

C’est dire que nous agissons ensemble de sorte que le jour où je vais passer la main de quelque façon que ce soit, celui qui va continuer après moi puisse aller plus vite et plus loin. Et ce, parce qu’ensemble, nous aurons posé les éléments de base pour que le Fonds de développement culturel et touristique soit un Fonds de référence.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré Kerson

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