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ALASSANE ZORGHO, chansonnier: « Il nous faut une identité musicale propre à nous »

A l’état civil Bagayan Alassane, ce jeune artiste est né à Kogo à quelques encablures de Zorgho d’où il est originaire et y a grandi jusqu’à l’âge de 22 ans avant de débarquer à Ouagadougou en 2003. Avec trois albums au compteur, Alassane Zorgho a sorti son premier opus « Tega wend bas rabeem » en 2012, suivi de «Doaga» et « Beeb ka toin ». Evoluant dans le registre de la musique traditionnelle, il prépare la sortie de son   quatrième opus ayant pour titre éponyme « Boudou », le 7 juillet prochain à la Maison du peuple de Ouagadougou. Dans cette interview qu’il nous a accordée, l’artiste revient sur son parcours, parle de ses projets, de ses rapports avec les doyens Zougnazagmda et Kisto Koimbré, jette un regard critique sur les jeunes artistes et lève le voile sur sa situation matrimoniale. Lisez plutôt !

 

Evasion : Comment va l’artiste Alassane Zorgho ?

 

Alassane Zorgho : Je vais bien par la grâce de Dieu.

 

Comment vous êtes-vous retrouvé dans la chanson traditionnelle ?

 

Je ne suis pas issu d’une famille de chansonnier, je nourrissais cette ambition depuis l’enfance. J’ai fait l’école coranique et c’est là-bas que tout a commencé.

 

Quelle a été la réaction des parents relativement à votre choix pour la musique ?

 

Il n’y a pas eu de problème particulier au niveau des parents. Ce sont les oncles qui n’étaient pas d’accord mais par la suite, tout s’est arrangé et j’ai reçu leurs bénédictions.

 

Pourquoi le choix de la chanson traditionnelle comparativement aux jeunes artistes qui sont dans le registre des musiques modernes et urbaines ?

 

Nous sommes au Burkina et personne ne viendra promouvoir notre culture à notre place. C’est un choix que j’assume.

 

Les doyens comme Zougnazagmda ou Kisto Koimbré vous ont-ils influencé ?

 

Zougnazagmda est mon grand frère, nous sommes tous originaires de Zorgho. Depuis l’enfance, ils m’ont vraiment influencé et je veux suivre leurs pas. Et je bénéficie de leurs conseils.

 

Quelle est votre source d’inspiration à travers vos chansons qui sont remplies de proverbes ?

 

Je parcours toutes les provinces du Burkina pour des concerts en live et à chaque étape, j’approche les personnes âgées qui m’apprennent beaucoup sur la vie. Je chante sur le vécu quotidien.

 

Quels sont les groupes que vous avez intégrés  avant d’entamer votre carrière solo ?

 

Quand je suis arrivé en 2003 à Ouagadougou, j’ai d’abord intégré la troupe Neb la Boumbu où j’ai appris à me produire en live.

 

Quels sont vos rapports avec les femmes qui représentent une grande partie de vos fans ?

 

Les femmes sont mes premiers fans, je n’ai pas de relations amoureuses avec elles. Lorsqu’un artiste est adulé par les femmes, c’est une source de bénédictions.

 

Ce 7 juillet, vous serez en concert dédicace de votre nouvel album, aura-t-il la même coloration que les trois précédents ?

 

Le monde est en perpétuelle mutation, donc, on essaie de s’adapter à cette évolution. Le nouvel album que je vais présenter en live le 7 juillet à la Maison du peuple, a une coloration particulière et est différent des autres albums. Chaque mélomane s’y retrouvera avec des rythmes variés, c’est une œuvre de 16 titres à travers lesquels j’aborde des thèmes comme l’amour, la femme, la paix, etc.

 

Quel message particulier  véhiculez-vous ?

 

C’est un message à l’endroit des jeunes artistes comme moi. Je ne condamne pas ceux qui font les musiques venues d’ailleurs, mais il est préférable de les adapter à nos rythmes. Il nous faut une identité musicale propre à nous les Burkinabè.

 

Comment s’est faite votre rencontre avec votre manager Kaf Manadja  qui vous suit depuis votre premier album ?

 

C’est l’occasion pour moi de lui témoigner ma reconnaissance pour la confiance placée à ma modeste personne. C’est pendant mes premiers jours de studio que l’arrangeur Shagy Solo m’a mis en contact avec lui, nous nous sommes donné rendez-vous un samedi soir au maquis Yombo de Floby pour finaliser les clauses du management et depuis lors, nous sommes toujours ensemble.

 

Quels sont vos projets ?

 

C’est vrai que j’ai fais des concerts dans la sous-région, mais mon souhait le plus ardent, est de me faire connaître au plan international. Et nous sommes en train de travailler dans ce sens. Après la sortie du nouvel album, j’ai un projet de tournée nationale qui doit me conduire dans les 45 provinces du Burkina.

 

Quels sont vos rapports avec les autres artistes ?

 

Je collabore avec les autres. La preuve est que dans le nouvel album, j’ai fait un featuring avec Abibou Sawadogo, Natou et Imilo Le Chanceux.

 

Quelle est votre situation matrimoniale ?

 

Je suis marié et père de trois enfants dont une fille et deux garçons.

 

Quel est votre mot pour clore cette interview ?

 

Je demande à ceux qui ont les moyens de soutenir les artistes burkinabè. L’Etat fait de son mieux, mais il faut redoubler d’efforts. J’attends mes fans le 7 juillet pour mon concert dédicace  à la Maison du peuple. Merci à vous pour cette opportunité que vous m’offrez pour communier avec mes fans.

Que Dieu bénisse le Burkina.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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