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ADELE ROUAMA : La promotion de notre musique ne doit pas se limiter dans les discours

Voilà plus d’une décennie que l’artiste est sous les feux des projecteurs et à cheval entre le Burkina et la France. C’est en 2000 que le grand public la découvre grâce à sa toute première œuvre discographique à travers le titre à succès « nzoa ». Après trois albums au compteur, cette fine et suave voix originaire de Kombissiri est au bercail avec un single baptisé « Kongossa », un titre réalisé au studio Ilarion chez Yves De Mbemboula. Résidant en France depuis plus d’une décennie, nous avons rencontré Adèle Rouamba pour vous. A travers cet entretien, l’artiste revient sur son parcours, nous parle de ses projets et de ce nouveau single.

Du premier opus « coup d’essaie » à ce nouveau single « kongossa », tu as pris beaucoup de kilogrammes, quel est l’état d’esprit de l’artiste ?

(Rire) Oui le gain du poids c’est la maternité, vous savez que certaines femmes prennent quelques kilos après l’accouchement. C’est une question d’hormones et non d’opulence.

Bien avant de te lancer dans la chanson, tu fis tes premiers pas par la danse, parle nous de cette époque ?

Ah oui ! C’était bien avant le lycée, j’ai commencé par la chorale, ensuite au collège et au lycée où je représentais mon établissement pendant les concours artistiques. La musique a toujours été ma passion. Je garde un très bon souvenir de cette époque où les ballets étaient concentrés sur la musique burkinabè.

Et ensuite ?

Ensuite, j’ai accompagné certains artistes en tant que danseuse sur des scènes et c’est ainsi que j’ai rencontré Black So Man. J’ai dansé auprès de lui pendant un bon moment et, il y a même des fans qui m’appelaient la petite sœur de Black So Man. Je garde un bon souvenir de lui. Il a été un guide pour moi et je le considérais comme un frère.

Quelle a été la réaction des parents par rapport à ton choix de la musique ?

Les parents étaient sceptiques mais la maman était un peu complice. Au fait, ils voulaient que je termine les études d’abord avant de me lancer dans la musique. Et quand je passais pour la première fois à la télé, c’est ma sœur à qui je rends un vibrant hommage, qui a alerté le quartier et les voisins de venir voir. Je ne me suis pas laissée influencer par ceux qui voulaient me décourager, je suis comme une teigne, au fait car je n’abandonne pas facilement.

C’est en 2000 que le grand public te découvre grâce au titre « n’zoa » extrait de ton premier opus « coup d’essaie ». Quelle est la petite histoire de cette chanson à succès ?

Effectivement, c’est à cette époque que mon premier album est sorti. Ça été un succès mais il faut savoir que cela a pris du temps avant de décoller tout simplement parce que c’est une autoproduction et à ce moment, je ne maitrisais pas les rouages du milieu. La chanson, c’est une histoire que j’ai vécue, c’est une amie congolaise qui ne m’a pas été reconnaissante. Mais, je n’avais pas coupé le pont avec elle, nous communiquions via le net et malheureusement à un certains moment, je me suis rendu compte que son adresse ne fonctionnait plus.

Et tu as beaucoup voyagé avec le titre « nzoa », n’est-ce pas ?

Bien sûr que oui, j’ai fais le tour du Burkina et quelques pays de la sous-région.

Tu as travaillé avec des Congolais sur ce premier opus, qu’est ce qui justifie cela ?

Il y a eu Yondo brother, crocodile, fat et bien d’autres. Parmi eux, il y a certains qui ne sont plus de ce monde et, je profite leur rendre un hommage. Moi, j’ai été marquée par la musique congolaise et j’ai des chansons en lingala.

En 2004 tu reviens avec « L’amour me fait peur » conçu au studio Abazon, de quel amour s’agit –il exactement ?

J’ai peur des matérialistes. Je dénonce l’amour basé sur les intérêts et le désir charnel. C’est à la suite de cet album que j’ai sorti « mba sida ».

C’est une œuvre qui a connu un succès juste à sa sortie en 2007, est ce parce que tu parlais des femmes battues ?

Pas forcement, je parlais également du vécu quotidien de mes sœurs. A cette période, le thème sur les femmes battues revenait régulièrement dans les débats.

A écouter tes chansons, tu es entre l’amour et les coups de gueule. Dis-moi qu’est ce qui se passe ?

(Rires) C’est juste l’impression que tu as. Dans mes chansons, c’est la vie de tous les jours, tout ce qui se passe autour de moi m’inspire.

Avec du recul, quel est ton regard sur la musique burkinabè ?

Il y a du progrès, mais je crois que je suis mal placée pour juger les autres.

« Kongossa » est le single tout chaud sorti du four que tu viens de réaliser. Que veut signifie ce titre ?

Ça veut dire commérages, je parle des torpilleurs. Que chacun cherche à travailler au lieu de passer son temps à s’occuper de la vie privée des autres. Au fait, c’est en août 2012 que je l’ai sorti mais c’est maintenant que je fais la promotion.

A quand le prochain album ?

Je vais demander à mes fans de patienter encore un tout petit peu. Je continue de travailler et cela pour leur offrir un album de qualité.

Tu résides en France depuis pratiquement plus d’une décennie, comment se fait la promotion quand tu n’es pas là ?

C’est une question très intéressante. Quand on nous entend c’est le moment que l’on est au pays. J’ai tenté une aventure avec une structure pour suivre ma promotion mais cela n’a pas marché. En tout cas, je suis en train de réfléchir pour la suite.

Quels sont les projets qui te tiennent à cœur ?

Je compte organiser une tournée nationale pour aller communier avec mes fans à travers le Burkina et si tout se passe bien c’est pour bientôt comme j’ai un programme très chargé en France car hormis la musique je travaille dans une société.

Quel est le message particulier qui te tient à cœur avant de se quitter ?

Il faut au Burkina, une véritable politique de promotion de nos œuvres et il faut que cela vienne du plus haut niveau. La promotion de notre musique ne doit pas se limiter dans les discours. Il nous faut des structures de formation, des moyens financiers et matériels. Que les gens arrêtent de nous critiquer dans le vide. Tous mes albums sont des autoproductions. Pendant les manifestations nationales, ce sont les artistes d’ailleurs qui viennent ramasser les gros cachets et repartir. C’est dommage.

Un mot de la fin ?

Je dis merci à toute l’équipe de la rédaction des éditions « Le pays » et à l’ensemble de la presse. Encore merci à tous mes fans.

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