Abou Jacklove, rappeur: "Aux USA, il n’y a pas de ministère de la Culture mais les artistes évoluent" - Evasion
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Abou Jacklove, rappeur: « Aux USA, il n’y a pas de ministère de la Culture mais les artistes évoluent »

 

A l’état civil Abou Konate, Abou Jacklove fait partie des précurseurs du hip hop burkinabè. Originaire de Bobo-Dioulasso, il a grandi à cheval entre la Cote d’Ivoire et le Burkina. Avec trois albums et un single au compteur, il a sorti sa première œuvre discographique en 1996. Depuis plus d’une décennie, il réside en Europe et est de temps en temps au bercail pour se ressourcer. Depuis quelques jours, l’artiste est à Ouagadougou pour la sortie officielle de son nouveau maxi. Dans cette interview exclusive qu’il a bien voulue nous accorder, Abou Jacklove revient sur ses débuts, donne sa lecture sur l’état actuel du hip hop burkinabè, porte son jugement sur la dislocation de certains groupes de rap et présente son nouveau maxi qui sort ce vendredi 12 janvier tout en levant le voile sur sa situation matrimoniale. Lisez plutôt.

 

 

Evasion : que devient Abou Jacklove ?

 

Abou Jacklove : je suis-là, je bosse même si je suis basé en Europe.

 

Depuis quand avez-vous quitté le Burkina ?

 

Cela fera bientôt deux décennies.

 

A quand remonte le dernier album en date sur le marché discographique ?

C’est l’album « amour volcanique », il est sorti en 2005.

 

Pourquoi avoir attendu douze ans avant de sortir une nouvelle œuvre ?

  

Pour moi la musique n’est pas une course de vitesse. Je pense qu’un artiste qui respecte ses fans ne doit pas les servir du n’importe quoi. Moi je prends tout mon temps. Quand je ne suis pas prêt je ne sors pas d’album. Ce n’est pas un manque d’inspiration et comme je le dis souvent, il n’y a pas de retraite en musique.

 

Quelle est réellement votre discographie ?

 

Mon premier opus est sorti en 1996 et est baptisé « cri de la jeunesse », ensuite j’ai réalisé un single pour la CAN 98. En 2000, l’album « feu » est sorti et en 2005 il y’a eu « amour volcanique ». Ce vendredi 12 janvier sortira mon maxi « koro Yé ». Il faut rappeler qu’en 2001 j’ai produit le groupe Pacific Angels par le biais de ma structure Jacklove production.

 

Quel est votre jugement sur le rap burkinabè actuellement ?

 

Je trouve qu’il y’a eu du progrès. Les petits frères ne se débrouillent pas mal, je les suis de près. Il y’a de l’évolution et j’encourage la nouvelle génération dans ce sens.

 

Il y’a eu des dislocations de groupes comme Yeleen, Faso Kombat, Pacific Angels. Que pensez-vous de cela ?

 

C’est vraiment dommage et un gâchis à la fois. Mais c’est la loi du show-biz.

 

Etant en Europe, avez-vous des contacts avez les rappeurs burkinabè ?

 

Non. Ma structure est basée actuellement en Hollande. Chaque fin de mois je vais en France mais je n’ai pas encore rencontré un rappeur du Burkina mais j’espère que l’occasion viendra un jour. Je suis un grand frère, ceux qui veulent venir envers moi, il n’y a pas de soucis à ce niveau.

 

Pouvez-vous parler de votre nouveau maxi qui sort ce vendredi 12 janvier ?

 

C’est un maxi de quatre titres baptisé « koro yé », ça veut dire en langue bambara un ainé est un ainé et les jeunes devraient respecter cette loi de la nature. L’œuvre parle de respect, elle a été enregistrée entre la Hollande et la Cote d’Ivoire. Je viens à peine d’arriver d’Abidjan d’où j’ai fais le clip.

 

Aura-t-on des titres comme « amour volcanique » qui a connu un succès au Burkina ?

 

Oui bien sûr, c’est le titre number one. C’est du zouk-RnB. Le clip de la chanson sera lancé en février.

 

Quel est votre message à l’endroit de vos fans qui vous retrouve douze ans après ?

 

Je les remercie et leur demande de croire toujours en moi. C’est grâce à eux que j’occupe cette place actuellement.

 

 Pourquoi nos artistes ne sont-ils pas très connus en Europe ?

 

Il faut un gros boulot. Ce n’est pas facile de s’imposer en Europe, ce n’est non plus impossible. Il y’a une question d’organisation qu’il faut mettre en place. Je prends le cas d’Awa Boussim qui a signé avec un major en Europe. Je profite la féliciter, la voie est donc ouverte.

 

Certains artistes disent que le ministère de la culture ne fait pas assez pour les artistes, quel est votre jugement sur la question ?

 

Je ne partage pas cet avis. Le ministère fait ce qu’il a à faire et peut faire. Je profite de cette occasion pour féliciter Tahirou Barry pour le travail abattu ainsi qu’à Walib Bara le DG du BBDA. Il faut arrêter d’accuser le ministère, aux USA il n’y a pas de ministère de la culture mais les gens évoluent. Est-ce que quand les artistes ont des prestations, donnent-ils un pourcentage en soutien au ministère comme contribution ? Je dis non.

 

Que faites-vous réellement en Europe ?

 

Moi je vis de la musique, c’est vrai que je ne sortais pas d’albums mais tout le temps je suis en concert à travers l’Europe. Je suis aussi dans les affaires.

 

Vous êtes considéré comme le premier artiste burkinabè à sortir un album hip hop et pourtant certains disent que c’est Basic Soul, qu’en est-il exactement ?

 

Quand Basic Soul sortait son premier album en 1997, mon œuvre était déjà sortie et à sa dédicace à Bobo, jetais l’artiste invité, c’est à vous de juger. (Il éclate de rire}

 

Quelle est votre situation matrimoniale ?

 

Je suis marié et père de deux enfants dont un garçon et une fille. Le garçon est ici au Burkina et la fille est avec moi en Hollande.

 

Un mot pour clore cette interview ?

 

Je dis un grand merci à toute la presse, mes fans et ceux qui me soutiennent, Mes vœux de santé, succès et beaucoup de bonheur. Bonne et heureuse année.

 

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kere KERSON

 

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