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90% de musique burkinabè dans les médias : qu’en pensent certains acteurs ?  

 

Les 5 et 6 avril derniers, la salle de conférences du Conseil supérieur de la communication (CSC) a abrité un séminaire-atelier sur la promotion de la culture burkinabè dans les médias. Les artistes réclament 90% de quota de diffusion de la musique burkinabè dans les médias. Qu’en pensent certains acteurs de la culture ? Voici quelques réactions.

 

Mys, artiste-musicien

 

« Les artistes doivent travailler pour mériter ce quota »

 

« Ce n’est pas forcément ce qui va permettre l’émergence de notre musique. Il faut qu’il y ait de la bonne musique pour les médias. Il faut que les artistes travaillent dur afin d’avoir de la qualité. Les artistes doivent travailler pour mériter ce quota. Les médias ne pourront pas respecter ce quota si les artistes eux-mêmes ne font pas d’effort. Il ne faut pas se voiler la face. »

Hervé Honla, journaliste culturel

 

« C’est maintenant que les médias seront rigoureux quant à la sélection »

 

« Je pense que les animateurs et journalistes culturels sont des personnes matures. Les artistes ne peuvent pas se lever et imposer un quota aux médias. Il va falloir passer par la sensibilisation. C’est maintenant que les médias seront rigoureux quant à la sélection. Ces artistes sont joués gratuitement dans nos médias et si maintenant ils y réclament 90% de musique burkinabè. Ce n’est pas ça qui fera que les 4 500 artistes inscrits au BBDA seront joués. »

Momo Attry, manager et promoteur

 

« Ce que les artistes burkinabè demandent, c’est un peu trop »

 

« Je pense que ce que les artistes burkinabè demandent, c’est un peu trop. Si nous voulons que la musique burkinabè soit diffusée ailleurs, il ne faut pas alors fermer les artistes d’autres pays. 90% c’est un peu trop ! Ce ne sont pas les artistes qui doivent imposer cela aux médias. La musique burkinabè est jouée en Côte d’Ivoire. Je prends l’exemple de Floby, Dez Altino et bien d’autres. »

Aicha Yasmine Koné, promotrice

 

« Je trouve que c’est normal »

 

« Je trouve que c’est normal, c’est pour promouvoir la musique burkinabè. Mais les artistes ne doivent pas chercher à imposer ce quota aux médias ; tout se négocie. Sinon c’est un dialogue de sourd qui va s’installer. »

Sié Kambou, le Charmeur, mélomane

 

« A 50% je trouve que c’est bon »

 

« Si nos artistes réclament 90% et que c’est le cas dans les autres pays, c’est comme si les frontières se fermaient entre nos cultures. Les artistes burkinabè doivent mettre de l’eau dans leur vin sinon leur musique ne sera pas exportée. A 50% je trouve que c’est bon. »

Salimata Darga, mélomane

 

« C’est ce qui va amener les autres pays à aimer notre musique »

 

« Les artistes ont raison ; nous sommes chez nous et si nous ne valorisons pas la musique burkinabè, qui le fera à notre place ? Je pense qu’ils ont tout à fait raison. On commence à faire notre promotion avant de faire la promotion des autres. C’est ce qui va amener les autres pays à aimer notre musique. »

Propos recueillis par Aboubakar Kéré KERSON

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