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DIS-MOI TOUT : « BIBI BONHEUR » (Artiste-musicienne)

 

A l’état civil Boussim Bintou,  « Bibi Bonheur » est née à Didiévi,  en  Côte d’Ivoire. Originaire de Garango, dans la province du Boulgou, le public la découvre en 2010, avec le single « tissé tissé », sous le pseudonyme « Rihana Love », dans un registre coupé décalé. Trois ans plus tard, c’est une reconversion dans la musique tradi-moderne, et elle change de pseudonyme et devient « Bibi Bonheur », avec l’album « kawouti ». L’artiste vient de réaliser un nouvel opus de sept titres, baptisé « fara fina »

 

Du coupé décalé à la musique tradi-moderne en changeant de pseudonyme, pourquoi ce revirement ?

Je suis burkinabè et je préfère valoriser la culture de chez moi. Ce n’est pas pour dire que le coupé décalé n’est pas une bonne musique. Je fais de la variété et ce n’est pas exclu que les mélomanes retrouvent à l’avenir un titre coupé décalé dans un prochain album.

As-tu eu une pression extérieure pour ce choix ?

Non pas du tout ! C’est une volonté personnelle. Notre musique a besoin d’être valorisée, et j’apporte ma modeste contribution pour son rayonnement. Personne d’autre ne viendra le faire à notre place.

Qu’en est-il de ton premier album ?

C’est « kawouti », il est sorti en fin 2013. Je suis satisfaite du bilan, il m’a ouvert beaucoup de portes.

Mais quelles ont-été les difficultés rencontrées avec cet album ?

C’est au niveau de la promotion que les difficultés commencent. Quand on débute une carrière toute seule,sans soutien, c’est un peu difficile !

La culture ivoirienne a-t-elle eu une influence sur ta musique ?

Pas en tant que tel, mais en plus du bissa qui est ma langue maternelle, je chante souvent, en baoulé, la langue que j’ai apprise à parler depuis que j’étais toute petite en Côte d’Ivoire.

Est-ce un choix de t’autoproduire ?

Ce n’est pas un choix ! En fait, il n’y a pas de producteur. On cherche toujours. On fait comme on peut pour réaliser nos projets.

Es-tu donc prête à toute éventuelle proposition de collaboration ?

Ça dépend du contenu de cette collaboration ! Je n’aime pas les structures qui ont des contrats qui stressent les artistes.  Je préfère une certaine liberté, mais s’il y a une bonne proposition où tout est clair, ça sera bien.

Peux-tu nous présenter ton nouvel opus ?

C’est une œuvre de sept titres, dans un esprit panafricaniste, car personne ne viendra développer l’Afrique pour nous. Il incombe aux africains de prendre leur destin en main, pour bâtir un continent uni et prospère, et c’est dans cette optique que j’ai baptisé ce nouvel album « fara fina ».

Penses-tu que le projet des Etats-Unis d’Afrique soit possible ?

S’il y a la volonté collective de tous les africains, ce rêve serait possible. On ne doit pas laisser cette destinée aux politiciens seulement !

Pourquoi ne t’ouvres-tu pas à d’autres artistes pour des collaborations sur tes albums ?

J’y pense. Ça viendra avec le temps.

Pourquoi avoir coupé tes dreadlocks ?

J’ai voulu changer un peu de style ; il ne faut pas rester le même tout le temps !

Y a-t-il un concert en vue ?

Oui, bien sûr ! Avec le premier album, j’ai prévu un concert à la maison du peuple et qui n’a finalement pas pu se tenir. Mais avec ce deuxième album, nous allons rebeloter.

Quels sont tes vœux pour 2016 ?

Je souhaite la paix au Burkina et l’amour entre tout un chacun. Que ce que nous avons vécu le 15 janvier dernier ne se répète plus !

Quelles sont tes attentes du nouveau Ministre Tahirou Barry ?

Qu’il réorganise le bureau burkinabè du droit d’auteur. Il faut que les artistes vivent de leur art !

Merci

C’est moi qui vous remercie.

Propos recueillis et transcrits par Aboubakar Kéré KERSON

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